Escalade majeure entre le Pakistan et l’Afghanistan : Islamabad déclare la « guerre ouverte » après des frappes sur Kaboul et Kandahar

Escalade majeure entre le Pakistan et l’Afghanistan : Islamabad déclare la « guerre ouverte » après des frappes sur Kaboul et Kandahar

Face à la montée des tensions avec l’Afghanistan, le Pakistan a adopté une position extrêmement ferme. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif, a explicitement déclaré une « guerre ouverte » entre les deux pays, marquant une rupture brutale avec les anciens alliés talibans. Suite à cette annonce, l’armée pakistanaise a juré de poursuivre ses opérations et a lancé l’opération Ghazab Lil-Haq (« Fureur juste »), visant directement des cibles militaires talibanes.

L’armée pakistanaise a annoncé avoir tué entre 133 et 274 combattants talibans afghans lors des affrontements récents, tout en reconnaissant la mort de 12 de ses soldats et les blessures de 27 autres. De violents combats ont éclaté le long de la frontière depuis jeudi soir, avec des échanges de tirs dans au moins 22 localités, notamment dans les provinces afghanes de Kandahar, Kaboul, Paktia, Paktika, Khost, Nangarhar et Laghman. Des frappes de drones rudimentaires, attribuées aux talibans afghans ou à des militants pakistanais (TTP), ont visé des zones au Pakistan comme Poornes Sibi, Abbottabad et Nowshera, mais elles ont été interceptées par les systèmes anti-drones pakistanais sans causer de pertes humaines selon Islamabad.

Le porte-parole de l’armée pakistanaise, Ahmed Sharif Chaudhry, a réaffirmé cette fermeté lors d’une conférence de presse : « L’armée pakistanaise est en état d’alerte maximale et ripostera fermement à toute agression. Nous tenons le gouvernement taliban afghan pour pleinement responsable de toute attaque lancée depuis son sol. Kaboul doit choisir entre soutenir le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ou Islamabad. » Il a également accusé l’Inde de parrainer indirectement ces groupes via des proxies, affirmant que « les talibans afghans parlent désormais comme l’Inde » et que la frontière entre le gouvernement taliban et les groupes terroristes est devenue floue.

De son côté, le porte-parole taliban Zabihullah Mujahid a confirmé les frappes pakistanaises sur Kaboul, Kandahar et Paktia, mais a minimisé les dégâts tout en exprimant la volonté de résoudre le conflit par le dialogue. Les talibans revendiquent avoir tué 55 soldats pakistanais lors d’opérations de représailles le long de la ligne Durand, saisi 19 postes et capturé plusieurs militaires, tout en rapportant des pertes limitées de leur côté (8 combattants tués, 11 blessés) et des blessés civils dans la province de Nangarhar.

Malgré la supériorité militaire écrasante du Pakistan (classé 12e mondial selon l’Indice Global Firepower 2025, puissance nucléaire), les talibans afghans compensent leur faiblesse en aviation et en moyens conventionnels par une expertise inégalée en guérilla, une connaissance parfaite du terrain montagneux frontalier et un soutien logistique de communautés pachtounes locales. Leur force réside dans les attaques surprises, les embuscades et la mobilisation rapide de réservistes, rendant toute opération pakistanaise coûteuse et complexe.

Les relations entre Islamabad et Kaboul se sont détériorées ces derniers mois, avec plus de 70 morts de part et d’autre lors des combats d’octobre 2025 et la fermeture de la plupart des points de passage terrestres. La communauté internationale exprime une vive inquiétude : la Russie (qui reconnaît officiellement les talibans), la Turquie, la Grande-Bretagne, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Chine et l’Iran appellent à la désescalade immédiate et proposent leur médiation pour un retour au dialogue diplomatique. La Russie a qualifié les affrontements de « dangereux » et exhorté les deux parties à abandonner la confrontation militaire.

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