Bulgarie : le président Roumen Radev annonce sa démission à la veille d’élections anticipées

Bulgarie : le président Roumen Radev annonce sa démission à la veille d’élections anticipées

Le président bulgare Roumen Radev a annoncé, lundi 19 janvier 2026, sa démission imminente, une décision sans précédent dans l’histoire politique post-communiste du pays. Ce départ spectaculaire ouvre une nouvelle phase d’incertitude politique en Bulgarie, déjà plongée dans une crise institutionnelle chronique, et alimente les spéculations sur la création prochaine de son propre parti politique en vue des élections anticipées prévues dans les prochains mois.

Dans une allocution télévisée solennelle, le chef de l’État âgé de 62 ans a déclaré qu’il remettrait officiellement sa démission à la Cour constitutionnelle dès le lendemain. Si celle-ci est validée, l’intérim sera assuré par la vice-présidente Iliana Iotova.
« Aujourd’hui, je m’adresse à vous pour la dernière fois en tant que président de la Bulgarie », a affirmé Radev, évoquant son désir de prendre part à la « bataille pour l’avenir » du pays.

Cette annonce intervient dans un contexte de paralysie politique persistante. La Bulgarie, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, s’apprête à organiser ses huitièmes élections législatives en cinq ans, après l’échec répété des tentatives de formation d’un gouvernement stable.

En décembre dernier, le gouvernement de coalition dirigé par le parti de centre-droit GERB a été renversé sous la pression d’un vaste mouvement de protestation populaire contre la corruption. Roumen Radev, président de sensibilité de gauche, avait alors apporté un soutien appuyé aux manifestants, accentuant les tensions avec la majorité parlementaire.

Les négociations engagées par la suite pour former un nouvel exécutif ont toutes échoué, précipitant le pays vers de nouvelles élections anticipées.

Ancien général de l’armée de l’air, Roumen Radev s’est imposé ces dernières années comme l’un des principaux adversaires du chef du GERB, l’ancien Premier ministre Boyko Borissov. Il s’est également opposé frontalement à l’oligarque et homme politique Delyan Peevski, sanctionné par les États-Unis et le Royaume-Uni pour des accusations de corruption, de pots-de-vin et de manipulation des médias. Le parti de Peevski, MRF – Nouveau Départ, a pourtant joué un rôle clé dans le soutien parlementaire aux coalitions dirigées par le GERB.

Sur le plan international, Radev s’est distingué par ses positions critiques à l’égard de certaines orientations européennes. Il a exprimé ses réserves sur l’adhésion de la Bulgarie à la zone euro et s’oppose à l’envoi d’aide militaire à l’Ukraine. Il reproche notamment aux dirigeants européens de ne pas soutenir suffisamment les initiatives du président américain Donald Trump en faveur d’une solution négociée au conflit russo-ukrainien.

Bien qu’il n’ait pas officiellement annoncé ses intentions politiques, Roumen Radev a laissé entendre à plusieurs reprises qu’il pourrait se présenter aux prochaines échéances électorales. Interrogé récemment sur la possibilité de fonder un nouveau parti, il a plaidé pour une formation capable de « rassembler tous les démocrates, de gauche comme de droite », au-delà des clivages partisans traditionnels, afin de garantir des élections équitables et un développement démocratique durable.

Selon un récent sondage de l’institut Market Links, Radev bénéficie d’un taux d’approbation de 44 %, un score significatif dans un paysage politique fragmenté.

Pour Parvan Simeonov, analyste à l’institut Myara, l’objectif de Radev est clair : « Se rapprocher de la majorité afin de ne pas avoir à négocier dans un parlement éclaté. Un bon résultat électoral pourrait constituer une issue à la crise politique actuelle. »

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