Royaume-Uni : le président d’un conseil affilié à Reform UK contraint à la démission après un scandale de logements insalubres

Royaume-Uni : le président d’un conseil affilié à Reform UK contraint à la démission après un scandale de logements insalubres

Le président du conseil du comté de Warwickshire, Edward Harris, figure de Reform UK, a été contraint de démissionner jeudi après la révélation qu’il gérait illégalement deux logements insalubres dans le Staffordshire. Selon le conseil municipal de Tamworth, dirigé par les travaillistes, ces propriétés présentaient de « multiples défaillances graves en matière de sécurité » et ne respectaient ni les normes élémentaires de salubrité ni les exigences légales en vigueur.

Les deux habitations, classées comme maisons à occupation multiple (HMO), accueillaient plusieurs locataires sans disposer des autorisations nécessaires. Les inspections menées par la municipalité ont mis en lumière des conditions alarmantes : absence de chauffage et d’eau chaude, systèmes d’alarme incendie défectueux, cuisines inadaptées, accès dangereux aux espaces extérieurs, et accumulation de déchets. Dans un communiqué particulièrement sévère, Tamworth a dénoncé des logements qui « ne répondaient même pas aux normes de vie les plus élémentaires ».

Face à la polémique, Harris a annoncé sa démission de la présidence du conseil ainsi que de ses fonctions au sein de Reform UK. Il a déclaré assumer « l’entière responsabilité » de la situation, exprimant publiquement ses regrets et affirmant vouloir « corriger l’ensemble des manquements sous sa responsabilité de propriétaire ». Il a toutefois estimé que la couverture médiatique de l’affaire avait « injustement détourné l’attention du travail remarquable accompli par le conseil ».

De son côté, le conseil municipal de Tamworth a été beaucoup plus tranchant, qualifiant Harris de « propriétaire véreux » et accusant l’agent de gestion Touchstone d’avoir ignoré des avertissements répétés concernant les conditions dangereuses des logements. Devant la gravité des faits, deux arrêtés d’interdiction d’accès d’urgence ont été délivrés, obligeant les autorités à reloger ou accompagner les occupants.

Les témoignages de riverains dressent un tableau encore plus accablant. Un habitant de 75 ans a raconté que les maisons « tombaient progressivement en ruine » et que le propriétaire refusait systématiquement d’intervenir. Une autre résidente a affirmé qu’un locataire était resté près de deux ans sans eau chaude, se contentant de faire bouillir de l’eau pour se laver.

Cette affaire tombe au plus mauvais moment pour Reform UK. Le parti fait de la critique des logements partagés et de leur mauvaise gestion l’un de ses chevaux de bataille politiques. Son candidat à l’élection partielle de Gorton et Denton, Matt Goodwin, avait récemment promis de lutter contre ce type de dérives, tandis que le député Lee Anderson dénonçait la prolifération de HMO mal contrôlées. La révélation que l’un des principaux responsables locaux du parti était lui-même impliqué dans de telles pratiques jette une lumière crue sur les contradictions internes de la formation.

Le chef de groupe de Reform UK au conseil, George Finch, s’est contenté de prendre acte de la démission, remerciant Harris pour son mandat tout en appelant à « s’abstenir de toute spéculation » tant que les procédures sont en cours. Le conseil de Tamworth, lui, n’exclut pas d’autres mesures coercitives et assure que les résidents concernés bénéficient d’un accompagnement.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *