Yémen: L’ONU dénonce la confiscation d’équipements et de véhicules par les Houthis
Les Nations unies ont accusé vendredi les rebelles houthis du Yémen d’avoir confisqué des équipements de télécommunications ainsi que plusieurs véhicules appartenant à l’organisation dans la capitale Sanaa. Une nouvelle escalade qui illustre la pression croissante exercée par les insurgés pro-iraniens contre les acteurs humanitaires internationaux.
Selon l’ONU, les Houthis sont entrés jeudi dans au moins six bureaux de l’organisation à Sanaa, tous actuellement inoccupés, et ont emporté « la majorité des équipements de télécommunications ainsi que plusieurs véhicules » vers un lieu inconnu. L’information a été confirmée par Julien Harneis, coordinateur humanitaire des Nations unies pour le Yémen, basé à Aden, dans un message publié sur le réseau X.
« Ces actes compromettent directement notre capacité à opérer et à fournir une assistance vitale à des millions de personnes », a dénoncé le responsable onusien, soulignant que ce nouvel épisode s’inscrivait dans une campagne plus large de harcèlement et d’intimidation contre les travailleurs humanitaires.
Depuis le début de la guerre à Gaza, les Houthis ont multiplié les accusations d’espionnage contre les agences internationales, prétendant que certains employés de l’ONU collaboreraient avec Israël. Des dizaines de membres du personnel onusien ont été arrêtés ces derniers mois dans les zones contrôlées par le mouvement rebelle, sans qu’aucune preuve publique ne soit présentée.
Dans le même temps, les restrictions se durcissent. Le Service aérien humanitaire des Nations unies (UNHAS) n’a plus été autorisé à se rendre à Sanaa depuis plus d’un mois, ce qui entrave gravement l’acheminement de l’aide et la rotation du personnel humanitaire. « Cette décision restreint encore davantage l’accès à l’assistance pour les populations les plus vulnérables », a déploré Julien Harneis.
Or, la majorité des Yéménites vivent précisément dans les territoires sous contrôle houthi. Dix années de guerre civile ont plongé le pays dans l’une des pires crises humanitaires au monde, malgré une relative accalmie militaire observée depuis 2022. Les infrastructures sont en ruine, les services publics quasi inexistants et l’économie exsangue.
Selon les chiffres de l’ONU, plus de 19,5 millions de personnes — soit plus de la moitié de la population — avaient besoin d’une aide humanitaire en 2025. En novembre dernier, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont classé le Yémen parmi les 16 zones critiques au monde exposées à un risque imminent de famine catastrophique.
