Japon-Chine : un navire de pêche chinois saisi, le capitaine arrêté, tensions diplomatiques exacerbées

Japon-Chine : un navire de pêche chinois saisi, le capitaine arrêté, tensions diplomatiques exacerbées

Tokyo, 13 février 2026– Le Japon a arraisonné jeudi un bateau de pêche chinois et arrêté son capitaine, dans un incident qui risque d’envenimer les relations déjà tendues entre les deux puissances asiatiques.

Le navire, identifié comme le Qiong Dong Yu, se trouvait dans la zone économique exclusive du Japon, à 166 km au sud-sud-ouest de l’île de Meshima, dans l’archipel de Goto. L’agence japonaise des pêches a indiqué que le capitaine, Zheng Nianli, 47 ans, avait été arrêté après avoir refusé l’ordre de s’arrêter pour inspection. Le sort des dix autres membres d’équipage reste inconnu.

Cet incident intervient trois mois après que la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a laissé entendre que Tokyo pourrait intervenir militairement si la Chine tentait de s’emparer de Taïwan par la force. Pékin a rapidement réagi, exhortant le Japon à respecter les droits de l’équipage chinois et à appliquer les accords de pêche bilatéraux.

« Nous espérons que le Japon garantira la sécurité ainsi que les droits et intérêts légitimes des membres d’équipage chinois », a déclaré Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

L’arrestation rappelle un précédent diplomatique majeur survenu en 2010, lorsqu’un capitaine chinois avait été interpellé au large des îles Senkaku / Diaoyu, une zone régulièrement source de tensions territoriales entre Pékin et Tokyo.

La Chine considère Taïwan comme une partie intégrante de son territoire et n’exclut pas l’usage de la force pour sa « réunification ». Le président taïwanais Lai Ching-te a récemment averti que d’autres pays de la région, dont le Japon et les Philippines, pourraient être les prochaines cibles de Pékin, avec des répercussions mondiales.

Depuis les déclarations de Takaichi, la Chine a convoqué son ambassadeur à Tokyo, conseillé à ses ressortissants de ne pas se rendre au Japon et mené des exercices aériens conjoints avec la Russie. Pékin a également renforcé ses contrôles sur les exportations de biens à usage militaire vers le Japon et pourrait menacer l’approvisionnement en terres rares, essentiels à l’industrie japonaise.

Élue Première ministre en octobre 2025, Sanae Takaichi, 64 ans, s’est imposée comme une figure belliciste sur la scène internationale tout en promettant d’entretenir le dialogue avec la Chine. Elle a annoncé un renforcement des défenses japonaises et affirmé que le pays « protégerait fermement » son territoire.

Du côté chinois, le ministère des Affaires étrangères insiste sur le respect mutuel comme condition préalable à toute discussion : « Prétendre au dialogue tout en menant une confrontation, personne n’acceptera ce genre de dialogue », a souligné Lin Jian.

Alors que le Japon et la Chine entretiennent des liens économiques étroits, cet incident risque d’aggraver les tensions bilatérales et de jeter une ombre sur la stabilité régionale en Asie de l’Est.

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