La France convoque l’ambassadeur américain à propos des commentaires incendiaires sur la mort de Quentin Deranque
La France a convoqué l’ambassadeur des États-Unis à Paris, Charles Kushner, après les déclarations jugées « incendiaires » de l’administration Trump concernant la mort du jeune militant d’extrême droite Quentin Deranque. Cette décision reflète la fermeté de Paris face à ce qui est perçu comme une ingérence étrangère dans une affaire strictement nationale. Elle intervient quelques jours après les commentaires de la première ministre italienne, Giorgia Meloni V, sur le même drame, provoquant un contexte diplomatique tendu en Europe.
Quentin Deranque, âgé de 23 ans, militant identitaire et d’extrême droite radicale, a été violemment agressé à Lyon lors d’une rixe impliquant des militants présumés de l’ultragauche. L’attaque a entraîné la mort du jeune homme à la mi-février 2026. Sa disparition a suscité une vive émotion dans les milieux nationalistes et identitaires, donnant lieu à plusieurs rassemblements de recueillement et d’hommage dans la ville de Lyon.
Les autorités françaises, notamment le ministre de l’Intérieur, ont confirmé que l’agression était imputable à des militants d’extrême gauche, mettant en lumière la montée des tensions idéologiques et des violences entre extrêmes sur le territoire français. L’affaire a également relancé le débat sur la sécurité publique et sur la responsabilité des pouvoirs publics face à la radicalisation politique.
Le Bureau de lutte contre le terrorisme du Département d’État américain a publié un message sur X (ex-Twitter) dénonçant « l’extrémisme violent de gauche » et estimant que la situation constituait une menace sérieuse pour la sécurité publique. L’ambassade des États-Unis en France a relayé ces propos, ce qui a été perçu par Paris comme une tentative d’instrumentalisation politique d’un drame national.
En réponse, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé la convocation de l’ambassadeur Charles Kushner au Quai d’Orsay le lundi 23 février 2026 à 19h. Il a déclaré :
« Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame à des fins politiques. La France n’a aucune leçon à recevoir de l’internationale réactionnaire. »
Cette convocation n’est pas un geste isolé : Charles Kushner avait déjà été convoqué par le Quai d’Orsay en août 2025 après des critiques jugées inacceptables sur la lutte contre l’antisémitisme en France. La France montre ainsi sa volonté de réagir fermement face à toute déclaration étrangère jugée ingérente dans ses affaires internes.
Quelques jours avant la convocation américaine, la première ministre italienne, Giorgia Meloni V, avait commenté la mort de Quentin Deranque, provoquant un échange tendu avec le président français Emmanuel Macron, qui lui a demandé de « cesser de commenter ce qui se passe chez les autres ». Cette succession de réactions étrangères sur un événement interne souligne la sensibilité de Paris face à toute politisation internationale d’un drame national.
La France entend réaffirmer sa souveraineté et sa capacité à gérer ses affaires intérieures sans ingérence extérieure. Cette affaire met également en lumière la montée des tensions diplomatiques entre Paris et Washington sous l’administration Trump, ainsi que les risques liés à la communication publique des gouvernements étrangers sur des incidents domestiques sensibles.
