Crise politique au Kosovo : la présidente dissout l’Assemblée et déclenche de nouvelles élections
Pristina, 6 mars 2026 – La présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, a signé vendredi un décret dissolvant l’Assemblée nationale et ouvrant la voie à des élections législatives anticipées, suite à l’échec des députés à élire un nouveau président de la République dans le délai constitutionnel, qui a expiré jeudi à minuit.
Lors d’une conférence de presse solennelle, Vjosa Osmani a annoncé : « J’ai émis le décret pour dissoudre l’Assemblée », précisant qu’elle remplissait ainsi une obligation constitutionnelle claire et inévitable. Elle a vivement regretté une situation « entièrement évitable » et accusé les élus d’avoir privilégié leurs intérêts partisans au détriment de « l’intérêt du peuple ». « Toute possibilité constitutionnelle d’élire le président a pris fin hier soir », a-t-elle ajouté, qualifiant ce blocage de véritable « malheur majeur pour l’État ».
Le mandat de Vjosa Osmani expirera le 5 avril 2026. Lors de la session parlementaire décisive de jeudi soir, l’Assemblée n’a pas réussi à réunir le quorum nécessaire ni à obtenir les voix requises – généralement 80 sur 120 au premier tour, ou 61 avec un quorum adapté aux tours suivants – pour élire un successeur. Le parti au pouvoir, Vetëvendosje (VV) du Premier ministre Albin Kurti, n’est pas parvenu à rallier l’opposition autour de son candidat pressenti, le ministre des Affaires étrangères Glauk Konjufca, en raison d’un boycott ou d’un refus net de compromis de la part des autres formations.
Ce nouveau scrutin anticipé constituera le troisième en un peu plus d’un an, illustrant la profonde instabilité politique qui secoue le Kosovo. En février 2025, les élections législatives avaient vu Vetëvendosje arriver en tête sans majorité absolue stable, entraînant des mois de blocage gouvernemental. Le 28 décembre 2025, de nouvelles élections anticipées avaient donné une large victoire à VV (51,1 % des voix et 57 sièges sur 120), complétée par des représentants des minorités, permettant l’investiture du gouvernement Kurti le 11 février 2026.
Moins d’un mois après cette investiture, le blocage sur l’élection présidentielle replonge le pays dans une nouvelle crise majeure. Selon la Constitution kosovare, l’impossibilité d’élire un président dans les délais impartis déclenche automatiquement la dissolution du Parlement et l’organisation d’élections anticipées. La date précise du prochain scrutin n’a pas encore été fixée, Vjosa Osmani ayant indiqué qu’elle la déterminerait dans les prochains jours, après des consultations formelles avec les leaders des partis politiques.
