Sri Lanka : démission du ministre de l’Énergie dans un scandale d’importation de charbon et soupçons de corruption

Sri Lanka : démission du ministre de l’Énergie dans un scandale d’importation de charbon et soupçons de corruption

Le gouvernement sri-lankais traverse une nouvelle zone de turbulence après la démission du ministre de l’Énergie, Kumara Jayakody, impliqué dans une affaire sensible liée aux importations de charbon et à de possibles irrégularités financières dans la gestion des marchés publics.

Cette décision intervient dans un climat politique déjà tendu, marqué par les engagements du président Anura Kumara Dissanayake, arrivé au pouvoir en septembre 2024 avec la promesse de combattre la corruption structurelle au sein de l’administration.

L’affaire a été révélée par un audit gouvernemental ayant mis en évidence l’utilisation de charbon de qualité insuffisante pour alimenter la principale centrale thermique du pays, située à Colombo. Cette installation stratégique de 900 mégawatts n’a pas pu fonctionner à pleine capacité, affectant directement la stabilité du réseau électrique national.

Face à cette situation, la compagnie publique d’électricité a été contrainte d’activer des centrales fonctionnant au diesel, une solution d’urgence bien plus coûteuse et pénalisante pour les finances publiques, dans un contexte de forte pression sur les marchés énergétiques internationaux.

Les conséquences économiques sont importantes. Le Bureau national d’audit a évalué à 2,33 milliards de roupies (environ 7,65 millions de dollars) les pénalités que devrait supporter le fournisseur concerné pour non-respect des normes de qualité du charbon.

Par ailleurs, les pertes directes subies par la compagnie nationale d’électricité sont estimées à 2,24 milliards de roupies. Ces chiffres pourraient toutefois être revus à la hausse si l’on prend en compte les surcoûts liés au recours massif au diesel.

Cette affaire dépasse désormais le seul cadre technique et financier. L’opposition affirme que le basculement vers la production diesel aurait engendré des coûts supplémentaires proches de 8 milliards de roupies (environ 26 millions de dollars), tandis que le gouvernement conteste ces estimations, les jugeant excessives.

La démission de Kumara Jayakody, ainsi que celle d’un haut responsable du ministère de l’Énergie, fragilise l’exécutif et met en lumière les tensions internes au sein de l’appareil administratif.

Ce scandale intervient à un moment délicat pour le président Dissanayake, qui avait fait de la lutte contre la corruption un axe central de son mandat. L’affaire du charbon devient ainsi un test politique majeur pour son gouvernement, confronté à des attentes élevées en matière de transparence et de réforme de la gestion publique.

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