Pérou : une crise politique éclate autour de l’achat d’avions de combat F-16, deux ministres démissionnent

Pérou : une crise politique éclate autour de l’achat d’avions de combat F-16, deux ministres démissionnent

Le Pérou traverse une nouvelle zone de turbulences politiques après la démission simultanée des ministres des affaires étrangères et de la défense, sur fond de profond désaccord avec le président par intérim José Maria Balcázar. En cause : la décision controversée de reporter un important contrat d’armement portant sur l’acquisition d’avions de combat F-16 auprès des États-Unis.

Alors que le chef de l’État intérimaire avait annoncé vouloir repousser cette acquisition stratégique afin de laisser la décision à son successeur, les événements ont rapidement pris une autre tournure. Malgré cette annonce, le ministère de l’économie a confirmé le transfert de 462 millions de dollars à l’industriel américain Lockheed Martin, correspondant à un premier paiement déjà engagé dans le cadre du contrat.

Cette contradiction au sommet de l’État a provoqué une rupture immédiate. Les deux ministres démissionnaires ont justifié leur départ en affirmant que le contrat avait été signé dès le début de la semaine et devait être respecté. Pour eux, revenir sur cet engagement aurait gravement entamé la crédibilité internationale du pays et mis en danger sa stabilité stratégique.

De son côté, le président Balcázar a défendu une position inverse, invoquant la nécessité de préserver les finances publiques et de réorienter les priorités vers les besoins sociaux. Il a insisté sur son intention de ne pas engager durablement un gouvernement de transition sur des décisions militaires majeures, à quelques semaines d’une nouvelle élection présidentielle.

Cette crise révèle une fracture profonde au sein de l’exécutif péruvien entre logique de continuité institutionnelle et volonté de prudence budgétaire. Le ministère de l’économie, lui, a rappelé que les engagements contractuels de l’État ne peuvent être remis en cause sans conséquences financières et diplomatiques majeures.

L’ambassade des États-Unis à Lima a confirmé que la procédure contractuelle avait été menée avec l’accord des plus hauts niveaux de l’administration péruvienne. Le contrat prévoit l’acquisition initiale de douze appareils F-16, avec des livraisons attendues à partir de 2029.

Au Parlement, les réactions ne se sont pas fait attendre. Plusieurs responsables politiques ont appelé au respect strict des engagements signés, tandis que certains députés évoquent désormais la possibilité d’une procédure de destitution contre le président intérimaire.

Cette nouvelle crise intervient dans un climat d’instabilité chronique. Le Pérou, qui se prépare à une élection présidentielle décisive en juin, enchaîne les crises institutionnelles et les changements de gouvernement, illustrant une fragilité politique persistante au sommet de l’État.

Au-delà de la controverse sur les F-16, c’est toute la question de la continuité de l’État, de la gestion des engagements internationaux et de la stabilité institutionnelle qui se trouve une nouvelle fois au cœur du débat péruvien.

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