« La trahison imprévue » : Amy Coney Barrett, la juge choisie par Trump devenue le cauchemar des conservateurs
Nommée à la Cour suprême par Donald Trump pour renforcer la majorité conservatrice, Amy Coney Barrett multiplie les décisions qui contrarient les priorités de . Son indépendance judiciaire alimente désormais une vive polémique au sein de la droite américaine.
La juge Amy Coney Barrett, l’une des trois magistrates nommées à la Cour suprême des États-Unis par le président américain Donald Trump, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une tempête politique. Saluée en 2020 comme le symbole du triomphe conservateur sur la plus haute juridiction américaine, elle fait désormais l’objet de critiques virulentes de la part des proches de l’ancien président, après une série de décisions majeures dans lesquelles elle s’est rangée du côté des juges progressistes ou des conservateurs modérés.
Selon plusieurs médias américains, cette évolution suscite une profonde frustration dans les cercles trumpistes, qui considèrent que Barrett ne défend plus les priorités politiques de celui qui avait fait de sa nomination l’un des grands succès de son premier mandat.
Les tensions se sont accentuées après plusieurs arrêts rendus par la Cour suprême ces derniers mois, qui ont limité certaines des politiques emblématiques défendues par Donald Trump.
Le 30 juin, la haute juridiction a jugé, par six voix contre trois, que le décret présidentiel de 2025 visant à restreindre le droit du sol était contraire à la Constitution américaine. Bien que la Cour conserve une majorité conservatrice de six juges contre trois, Amy Coney Barrett s’est associée au président de la Cour, John Roberts, ainsi qu’au juge Brett Kavanaugh, pour rejoindre les trois magistrats progressistes.
La veille, la Cour avait également validé, par cinq voix contre quatre, la prise en compte de certains bulletins de vote par correspondance reçus après le jour du scrutin dans plusieurs États américains. Cette décision rejetait directement l’argument avancé par Donald Trump, qui estimait que seuls les suffrages déposés le jour même de l’élection devaient être comptabilisés.
Dans son opinion majoritaire, Amy Coney Barrett a souligné que la législation fédérale ne fixait aucune échéance précise concernant la réception de ces bulletins, rappelant que les tribunaux ne pouvaient pas créer des restrictions absentes de la loi.
Quelques mois plus tôt, en février, la magistrate avait également rejoint la majorité qui a estimé que les droits de douane réciproques imposés par l’administration Trump en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA) dépassaient les prérogatives présidentielles.
Si les juges de la Cour suprême ne sont pas censés défendre les intérêts des présidents qui les ont nommés, le cas de Barrett revêt une dimension particulièrement symbolique.
Donald Trump l’avait personnellement propulsée sur la scène judiciaire nationale. Après l’avoir nommée à la Cour d’appel fédérale en 2017, il l’avait choisie, trois ans plus tard, pour remplacer la juge progressiste Ruth Bader Ginsburg, décédée en septembre 2020.
Cette nomination avait profondément modifié l’équilibre idéologique de la Cour suprême, faisant passer la majorité conservatrice de cinq contre quatre à six contre trois, une transformation présentée à l’époque comme une victoire historique pour le mouvement conservateur américain.
Aujourd’hui, cette même magistrate est accusée par une partie de la droite de trahir les attentes placées en elle.
L’ancienne vedette de Fox News, Megyn Kelly, l’a publiquement qualifiée de « traîtresse », estimant qu’elle « rejoint systématiquement les progressistes » lors des affaires les plus sensibles.
Le commentateur conservateur Matt Walsh est allé encore plus loin sur le réseau social X, affirmant que Barrett représentait « le pire choix possible » effectué par Donald Trump.
De son côté, la représentante républicaine Nancy Mace a même appelé la juge à démissionner de ses fonctions, une demande exceptionnelle visant un membre de la Cour suprême.
