Verdict de Marine Le Pen : condamnée, mais éligible en 2027 sous bracelet électronique
La cour d’appel de Paris a rendu ce mardi 7 juillet 2026 un verdict à double tranchant pour Marine Le Pen : elle confirme sa culpabilité dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national, mais allège la peine d’inéligibilité de manière à laisser, en droit, la porte ouverte à une candidature présidentielle en 2027.
La cheffe de file du RN a été condamnée à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis et un an ferme à purger à domicile sous bracelet électronique. Sur le plan de l’inéligibilité, la sanction initiale de cinq ans a été ramenée à 45 mois, dont 30 mois avec sursis : il reste donc 15 mois effectifs d’interdiction d’exercer une fonction publique. Comme cette peine a commencé à courir depuis le jugement de première instance, elle expirera avant la présidentielle d’avril 2027, ce qui rend Marine Le Pen juridiquement éligible.
Parallèlement, le tribunal a confirmé des condamnations pécuniaires : une amende individuelle de 100 000 € pour Marine Le Pen et des sommes à verser au Parlement européen pour rembourser les fonds détournés, dans une affaire où la justice a estimé que des crédits destinés aux assistants parlementaires avaient servi à financer le fonctionnement du parti.
Marine Le Pen peut se présenter. Mais elle a fait du port du bracelet électronique un critère politique : elle a affirmé à plusieurs reprises qu’elle ne briguerait pas l’Élysée si elle devait mener campagne sous surveillance électronique, estimant que cela l’empêcherait de se déplacer et d’organiser des meetings librement. La décision de la cour d’appel lui laisse donc l’initiative : elle est en droit de se présenter, mais a publiquement dit qu’elle ne le ferait pas dans ces conditions.
En pratique, deux scénarios s’ouvrent : soit elle maintient sa position et laisse la voie à Jordan Bardella, soit elle revoit sa posture, par exemple en espérant un aménagement de peine ou une réduction de la durée du bracelet avant la campagne.
La défense et le parquet disposent de dix jours pour se pourvoir en cassation. La Cour de cassation ne rejuge pas les faits mais vérifie l’application du droit ; un tel recours prendrait plusieurs mois et laisserait peser une incertitude sur toute la campagne. D’ici là, la question centrale restera politique : qui incarnera le RN à la présidentielle et dans quelles conditions ?
Ce verdict « à la Salomon » ne tranche pas la course à l’Élysée, il la recompose. Il renforce l’argumentaire des adversaires du RN sur l’usage de la justice contre les populistes, tout en alimentant chez les soutiens de Le Pen le récit d’une « candidate empêchée ». À Bruxelles, on surveille aussi de près : une France dirigée par le RN ou par son successeur désigné aurait un impact direct sur la politique européenne, nucléaire et de défense.
