Royaume-Uni : Nigel Farage démissionne du Parlement et provoque une élection partielle sur fond de scandale financier
Le leader de Reform UK, Nigel Farage, a annoncé mardi sa démission de son siège de député britannique avant de briguer immédiatement un nouveau mandat lors d’une élection partielle dans sa circonscription de Clacton. Cette décision intervient alors qu’il fait l’objet d’une enquête parlementaire portant sur des dons présumés non déclarés, dont un versement de 5 millions de livres sterling provenant d’un milliardaire du secteur des cryptomonnaies.
Farage affirme n’avoir commis aucune irrégularité et présente cette démission comme une manière de laisser les électeurs juger directement son intégrité. Selon lui, cette élection opposera « le peuple à l’establishment », dénonçant une campagne politique et médiatique visant à le discréditer.
L’enquête menée par le commissaire aux normes parlementaires porte notamment sur un don de 5 millions de livres sterling attribué à l’homme d’affaires britannique installé en Thaïlande, Christopher Harborne. Farage soutient qu’il s’agissait d’un don personnel destiné à financer sa sécurité avant son entrée au Parlement et qu’il n’était donc pas soumis aux obligations de déclaration.
Le chef de Reform UK est également confronté à des interrogations sur ses liens financiers avec George Cottrell, un proche collaborateur condamné aux États-Unis pour fraude après une affaire liée au blanchiment d’argent. Selon la presse britannique, Cottrell aurait contribué au financement du personnel et de la sécurité de Farage avant les élections générales de 2024, tout en mettant à sa disposition une résidence londonienne.
Malgré ces accusations, Farage demeure largement favori pour conserver son siège à Clacton. Les principaux partis britanniques, dont le Parti travailliste, le Parti conservateur et les Libéraux-démocrates, ont annoncé qu’ils ne présenteraient pas de candidat face à lui.
Le Premier ministre Keir Starmer a dénoncé un « coup de publicité désespéré » destiné à détourner l’attention des accusations visant Farage, tandis que la dirigeante conservatrice Kemi Badenoch a qualifié cette élection de « manœuvre truquée ».
Même en cas de réélection, Farage ne sera pas pour autant à l’abri des investigations. L’enquête parlementaire devrait reprendre une fois le scrutin terminé. Par ailleurs, selon des informations de la presse britannique, des établissements bancaires auraient signalé le don de 5 millions de livres sterling à la National Crime Agency, estimant qu’il pourrait présenter des risques liés au blanchiment d’argent.
Figure majeure du Brexit et de la droite populiste britannique, Nigel Farage continue de dominer la vie politique du Royaume-Uni. Bien que Reform UK ne dispose que de huit sièges à la Chambre des communes, le parti reste en tête ou au coude-à-coude avec les grandes formations politiques dans plusieurs sondages d’opinion, alimentant les spéculations sur les ambitions nationales de son dirigeant.
