Présidentielle zambienne : le dépouillement suspendu après des violences, l’opposition revendique la victoire

Présidentielle zambienne : le dépouillement suspendu après des violences, l’opposition revendique la victoire

Le dépouillement de l’élection présidentielle et des législatives en Zambie a été suspendu vendredi par la Commission électorale, sur fond de violences visant des agents électoraux et de signalements de vols de bulletins. La mesure doit être réexaminée dans un délai de 24 heures.

Cette décision intervient au lendemain du scrutin, alors que le pays attend encore les premiers résultats nationaux. La Commission électorale de Zambie a invoqué la dégradation de la situation sécuritaire et la persistance des menaces contre le personnel chargé du processus électoral.

Selon le directeur des élections, Brown Kasaro, certaines violences auraient ciblé des agents électoraux et auraient entraîné, dans certains cas, la disparition de bulletins déjà marqués. La commission a donc décidé d’interrompre immédiatement le comptage et la proclamation des résultats.

L’annonce intervient alors que le principal candidat de l’opposition, Brian Mundubile, affirme avoir remporté la présidentielle ainsi que la majorité des sièges au Parlement.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le candidat assure que les données recueillies par sa coalition lui donnent la victoire. Cette affirmation n’a toutefois pas été confirmée par la Commission électorale, qui n’a encore proclamé aucun résultat national définitif.

Le président sortant Hakainde Hichilema, , candidat à sa réélection, a de son côté appelé les Zambiens à faire preuve de retenue. Dans un message adressé aux quelque 8,7 millions d’électeurs, il les a exhortés à rester « sereins, patients et patriotes » en attendant les résultats officiels.
Cette passe d’armes intervient dans un climat politique déjà tendu. La campagne électorale avait été marquée par plusieurs heurts et par une forte confrontation entre le pouvoir et l’opposition.
À la veille du scrutin, la Commission des droits humains de Zambie avait également indiqué suivre de près les arrestations et détentions visant des candidats, leurs sympathisants ainsi que des journalistes.
La suspension du dépouillement constitue un sérieux revers pour l’image de la Zambie, longtemps considérée comme l’une des démocraties les plus stables d’Afrique australe. Le pays est également une puissance minière majeure, deuxième producteur de cuivre du continent et huitième au niveau mondial. Ce métal est devenu stratégique pour les réseaux électriques, les centres de données et les véhicules électriques.
L’élection représente également un test pour le bilan économique de Hakainde Hichilema, arrivé au pouvoir en 2021 après avoir remporté sa sixième candidature à la présidence.
Il avait alors succédé à Edgar Lungu, dont le gouvernement avait laissé une économie lourdement endettée et en défaut de paiement. Depuis son arrivée au pouvoir, Hichilema a obtenu un accord majeur de restructuration de la dette et renoué avec le Fonds monétaire international.

Ces avancées ont été saluées par les bailleurs de fonds et les investisseurs, mais le mécontentement d’une partie de la population a nourri la contestation durant la campagne.

Quatorze candidats étaient engagés dans la course présidentielle. Les résultats définitifs doivent être annoncés au plus tard le 17 août. Si aucun candidat ne recueille plus de 50 % des suffrages exprimés, un second tour opposera les deux premiers.

En attendant, la suspension du dépouillement et la revendication prématurée de l’opposition plongent la Zambie dans une période d’incertitude. La reprise du processus électoral sera désormais déterminante pour préserver la crédibilité du scrutin et éviter une nouvelle montée des tensions.

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