Séoul écourte ses manœuvres militaires avec Washington sur demande américaine
La Corée du Sud va réduire de six jours la durée de ses exercices militaires conjoints avec les États-Unis, à la suite d’une demande de Washington. L’exercice annuel Ulchi Freedom Shield, qui devait se poursuivre jusqu’au 27 août, prendra finalement fin le 21 août.
Le ministère sud-coréen de la Défense a confirmé que la durée et l’ampleur des manœuvres avaient été ajustées à la suite d’une proposition américaine. La composante consacrée aux entraînements sur le terrain sera également partiellement réduite, même si les détails de cette modification restent encore en discussion.
Cette décision intervient alors que les relations entre Washington et Séoul sont marquées par de nouvelles tensions. Le président américain Donald Trump a notamment reproché à la Corée du Sud de ne pas avoir souhaité apporter son soutien aux opérations américaines concernant l’Iran.
Trump avait également critiqué le coût des exercices militaires conjoints, estimant qu’ils envoyaient un « signal totalement inapproprié et hostile ». La réduction des manœuvres intervient ainsi dans un contexte où Washington semble vouloir revoir certains aspects de sa présence militaire en Asie.
La diminution de ces exercices soulève des inquiétudes en Corée du Sud, où l’alliance militaire avec les États-Unis constitue l’un des principaux piliers de la sécurité nationale face à la menace nord-coréenne.
Environ 28 500 militaires américains sont stationnés en Corée du Sud. Les exercices Ulchi Freedom Shield devaient réunir quelque 18 000 soldats sud-coréens, dans le cadre d’un entraînement destiné notamment à renforcer la capacité des deux pays à répondre à une éventuelle attaque nord-coréenne.
Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, a indiqué devant le Parlement que les responsables sud-coréens et américains n’avaient pas été informés à l’avance des projets de réduction évoqués par Donald Trump.
Cette décision pourrait également être suivie attentivement par les autres partenaires des États-Unis dans la région, notamment le Japon et Taïwan, alors que Washington cherche à maintenir son dispositif de sécurité en Asie-Pacifique.
Le président américain a affirmé mercredi qu’il envisageait de rencontrer Kim Jong-un plus tard cette année, assurant entretenir de bonnes relations avec lui. Une rencontre pourrait éventuellement avoir lieu en marge d’un forum économique en Chine en novembre, même si aucune date n’a encore été officiellement confirmée.
Pyongyang n’a pour sa part donné aucun signe clair d’une reprise imminente du dialogue. Kim Yo-jong, la sœur du dirigeant nord-coréen, a déclaré ne disposer d’aucune information sur une éventuelle communication entre les deux dirigeants.
Elle a toutefois estimé que la réduction des exercices militaires ne changeait pas, selon Pyongyang, leur caractère hostile.
Malgré leur durée réduite, les manœuvres restent donc un élément majeur de la stratégie de défense de la Corée du Sud et des États-Unis. Leur diminution intervient à un moment où Washington cherche à réévaluer ses engagements militaires dans la région et où Donald Trump semble vouloir rouvrir la voie au dialogue avec Kim Jong-un
