Roumanie : le Parlement rejette le gouvernement de Siegfried Mureșan, la crise politique se prolonge
Le Parlement roumain a rejeté mercredi 30 septembre le gouvernement proposé par le Premier ministre désigné Siegfried Mureșan, prolongeant une crise politique qui dure depuis plusieurs mois. Le cabinet soutenu par le Parti national libéral (PNL), l’Union sauvez la Roumanie (USR) et l’Union démocrate des Magyars de Roumanie (UDMR) n’a recueilli que 182 voix, loin des 233 nécessaires pour obtenir l’investiture.
Le vote ouvre une nouvelle phase d’incertitude pour la Roumanie, alors que le président Nicușor Dan doit désormais décider de la suite du processus de formation du gouvernement. La perspective d’élections législatives anticipées existe, mais elle dépend des prochaines étapes institutionnelles et de l’issue des nouvelles consultations politiques.
Siegfried Mureșan, député européen libéral de 45 ans, avait défendu devant les parlementaires un programme présenté comme pro-européen et axé sur les réformes. Son projet n’a toutefois pas obtenu le soutien du Parti social-démocrate (PSD), principale force parlementaire, ni celui de l’Alliance pour l’union des Roumains (AUR), formation nationaliste de droite.
Lors du scrutin, les parlementaires du PSD étaient présents mais n’ont pas participé au vote, tandis que les élus de l’AUR étaient absents de l’hémicycle. Le résultat final s’est établi à 182 voix favorables et 15 voix défavorables.
Cette nouvelle déconvenue intervient après plusieurs mois d’instabilité politique. La précédente coalition gouvernementale s’était effondrée en mai, après le retrait du PSD et la chute du gouvernement dirigé par Ilie Bolojan. Depuis, plusieurs tentatives de former un nouvel exécutif ont échoué.
Le président Nicușor Dan avait désigné Mureșan comme Premier ministre le 17 septembre, après de nouvelles consultations avec les partis représentés au Parlement. Le gouvernement proposé reposait principalement sur les forces pro-européennes qui avaient soutenu sa candidature.
Le rejet du cabinet intervient également dans un contexte économique difficile. La Roumanie est confrontée à un déficit public élevé et à une inflation importante, tandis que les incertitudes politiques compliquent la mise en œuvre des mesures destinées à assainir les finances publiques. Reuters souligne que cette instabilité nourrit également les inquiétudes concernant la confiance des investisseurs et la stabilité financière du pays.
La crise politique intervient par ailleurs dans un pays où les forces nationalistes et d’extrême droite ont renforcé leur poids électoral. L’AUR, dirigée par George Simion, fait partie des principales forces d’opposition et avait annoncé son refus de soutenir le cabinet Mureșan.
Le pays reste également marqué par les turbulences politiques déclenchées par l’annulation de l’élection présidentielle de décembre 2024, suivie d’un nouveau scrutin remporté par Nicușor Dan en mai 2025. La Roumanie, membre de l’Union européenne et de l’OTAN, partage en outre une frontière avec l’Ukraine, ce qui donne à sa stabilité politique une dimension particulière dans le contexte régional.
Après le rejet du gouvernement Mureșan, le président devra poursuivre les consultations et déterminer la prochaine étape du processus constitutionnel. Une nouvelle candidature au poste de Premier ministre figure parmi les possibilités, tandis que la question d’éventuelles élections anticipées reste ouverte.
