Brésil : Lula devance Flávio Bolsonaro au premier tour, les sondages resserrés au second
À deux jours du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, les dernières enquêtes d’opinion dessinent un duel serré entre Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro. Les cinq sondages nationaux les plus récents placent Lula devant son principal adversaire dans quatre études au premier tour, tandis qu’une enquête donne un léger avantage au candidat du Parti libéral. Au second tour, les écarts se réduisent encore, certaines simulations faisant apparaître une égalité parfaite.
Le scrutin est prévu dimanche 4 octobre dans un pays profondément polarisé. À 80 ans, Lula brigue un quatrième mandat présidentiel, après avoir déjà dirigé le Brésil de 2003 à 2010 avant de retrouver le pouvoir en 2023. Face à lui, Flávio Bolsonaro, fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro, porte la candidature de la droite conservatrice après la condamnation de son père à une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d’État.
La moyenne simple des cinq dernières enquêtes citées donne à Lula 41,6 % des intentions de vote au premier tour, contre 38,5 % à Flávio Bolsonaro. Cette moyenne doit toutefois être interprétée avec prudence : les sondages ont été réalisés à des dates différentes et selon des méthodes et des échantillons distincts.
Le sondage Quaest, réalisé du 24 au 27 septembre et publié le 28 septembre, place Lula à 39 %, contre 34 % pour Flávio Bolsonaro. Augusto Cury et Ronaldo Caiado recueillent chacun 4 %, tandis que Renan Santos atteint 3 %. Dans l’hypothèse d’un second tour opposant Lula à Flávio Bolsonaro, les deux candidats sont crédités de 42 % chacun. L’étude, réalisée auprès de 2 004 personnes, présente une marge d’erreur de deux points.
L’enquête Nexus/BTG Pactual, menée du 25 au 27 septembre auprès de 2 000 électeurs, donne pour sa part 42 % à Lula et 37 % à Flávio Bolsonaro au premier tour. Au second tour, l’écart se resserre à 46 % contre 44 %, une différence qui correspond à la marge d’erreur annoncée par l’institut.
Datafolha, dont l’enquête a été réalisée les 22 et 23 septembre auprès de 2 002 personnes dans 125 municipalités, attribue 40 % à Lula et 36 % à Flávio Bolsonaro au premier tour. Dans un duel au second tour, Lula atteint 47 %, contre 45 % pour son adversaire.
Le sondage Palver présente une configuration différente. Réalisé en septembre, il donne Flávio Bolsonaro à 42 %, devant Lula à 41 % au premier tour. Dans son scénario de second tour, le candidat du Parti libéral obtient 47 %, contre 43 % pour Lula. Là encore, l’écart du premier tour doit être replacé dans le contexte de la marge d’erreur de l’étude.
Enfin, l’enquête AtlasIntel/Bloomberg, réalisée du 17 au 22 septembre auprès de 5 015 personnes, crédite Lula de 45,8 % et Flávio Bolsonaro de 43,4 % au premier tour. Dans le scénario de second tour, les deux candidats sont quasiment à égalité, avec 47,7 % pour Lula et 47,4 % pour Flávio Bolsonaro, soit trois dixièmes de point d’écart.
Ces résultats montrent surtout une différence entre les deux phases du scrutin. Au premier tour, Lula apparaît en tête dans quatre des cinq enquêtes citées, avec des écarts allant de 1,6 à 5 points selon les instituts, tandis que Palver place Flávio Bolsonaro légèrement devant. Au second tour, les cinq simulations sont beaucoup plus resserrées, avec une égalité dans l’enquête Quaest et des écarts limités dans les autres études.
La campagne de Lula repose notamment sur son bilan économique et social ainsi que sur son image auprès des catégories populaires. Né dans le Pernambouc, dans le Nordeste, il a commencé sa vie professionnelle comme ouvrier avant de devenir syndicaliste et de participer aux grandes grèves de la métallurgie de São Paulo à la fin de la dictature militaire.
Cette trajectoire constitue depuis plusieurs décennies l’un des piliers de son identité politique. Lula a fondé le Parti des travailleurs en 1980 et s’est présenté pour la première fois à la présidentielle en 1989. Après trois défaites successives, il a progressivement modifié son image et élargi ses alliances, notamment avec les milieux économiques. Cette stratégie lui a permis de remporter l’élection de 2002 avec plus de 60 % des voix au second tour, avant d’être réélu quatre ans plus tard.
Ses deux premiers mandats ont coïncidé avec une période de croissance économique et avec le développement de plusieurs programmes sociaux, dont Bolsa Família et la revalorisation du salaire minimum. Cette période a contribué à renforcer son implantation auprès des électeurs les plus modestes.
Son parcours politique a toutefois été profondément marqué par les affaires de corruption. Condamné en 2017 pour corruption passive et blanchiment d’argent, Lula a passé 580 jours en détention et avait été empêché de participer à l’élection présidentielle de 2018. Ses condamnations ont ensuite été annulées par la Cour suprême fédérale en 2021, qui a notamment estimé que le tribunal ayant jugé les affaires n’était pas compétent.
En 2022, Lula a effectué son retour à la présidentielle et battu de justesse Jair Bolsonaro au second tour. Quatre ans plus tard, il sollicite donc un nouveau mandat en promettant qu’il s’agira de son dernier passage à la présidence.
