Tunisie : un djihadiste dangereux neutralisé, un policier martyr lors d’une opération antiterroriste à Fériana
Le 3 janvier 2026, les forces de sécurité tunisiennes ont conduit une opération préventive décisive dans la délégation de Fériana, située dans le gouvernorat de Kasserine, dans l’ouest du pays. Cette intervention, basée sur un renseignement précis et une traque minutieuse, a permis de déjouer un projet d’attaque terroriste imminent aux abords du marché hebdomadaire, un lieu très fréquenté par les habitants locaux.
Le bilan est contrasté : le terroriste Seddik Ben Moncef Ben Amara Laabidi, considéré comme l’un des éléments les plus dangereux affiliés à l’État islamique, a été neutralisé ; son complice a été interpellé vivant ; mais l’agent Marouane Kadri (ou Marouene Kadri) a succombé à ses blessures graves après des échanges de tirs intenses.
Selon les communiqués officiels du ministère de l’Intérieur tunisien, publiés le jour même, cette opération « de haute précision » s’est déroulée près du marché de Fériana, évitant potentiellement un drame majeur parmi les civils. Seddik Laabidi, né le 6 août 1997 dans le gouvernorat du Kef, était un membre actif de la katiba Jound Al-Khilafa (les Soldats du Califat), une branche tunisienne ayant prêté allégeance à Daech. Inscrit sur la liste nationale des personnes et entités terroristes, il était impliqué dans de multiples attaques contre des patrouilles sécuritaires, militaires et même des civils dans les zones montagneuses de l’ouest. Des médias comme Mosaïque FM et Kapitalis le qualifiaient de « l’un des terroristes les plus anciens et redoutables » des massifs de Kasserine et Sidi Bouzid.
La région de Kasserine, avec ses paysages escarpés et frontaliers avec l’Algérie, reste un défi sécuritaire majeur. Les montagnes, dont le célèbre mont Chaambi – le plus haut sommet de Tunisie à 1 544 mètres –, offrent des cachettes idéales aux cellules résiduelles djihadiste
Ces zones ont été le théâtre d’opérations de ratissage régulières, souvent en coordination avec les forces algériennes, pour contrer les infiltrations et démanteler les repaires. Malgré ces efforts, des éléments isolés persistent, profitant du relief difficile d’accès.
Le succès de l’opération a toutefois été assombri par la mort de l’agent Marouane Kadri. Grièvement blessé lors de l’affrontement, ce jeune officier a été évacué à l’hôpital où il a succombé quelques heures plus tard. Le ministère de l’Intérieur lui a rendu un hommage émouvant, le décrivant comme un « martyr héros » qui, avec ses camarades, « a consacré sa vie à défendre la patrie et à protéger les Tunisiens, permettant à la population de vivre en sécurité et en sérénité ». Des syndicats sécuritaires et des sources locales ont également salué son courage.
