Libye : Human Rights Watch exige le transfert immédiat d’Osama Elmasry Njeem à la Cour pénale internationale

Libye : Human Rights Watch exige le transfert immédiat d’Osama Elmasry Njeem à la Cour pénale internationale

Les autorités libyennes doivent transférer sans délai Osama Elmasry Njeem à la Cour pénale internationale (CPI), où il est poursuivi pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Elles doivent également arrêter et livrer tous les autres suspects visés par des mandats d’arrêt de la CPI présents sur le territoire, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Haut responsable de l’Appareil de dissuasion pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé (une milice affiliée au Conseil présidentiel basée à Tripoli), Osama Elmasry Njeem est accusé de meurtres, tortures et viols systématiques commis depuis 2015 à la prison de Mitiga. Sept autres Libyens font toujours l’objet de mandats d’arrêt internationaux.

« Depuis trop longtemps, les auteurs de crimes graves en Libye échappent à la justice. L’arrestation de Njeem offre aux autorités une occasion historique de prouver leur réel engagement en faveur de la lutte contre l’impunité », a déclaré Hanan Salah, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Selon les informations disponibles, Njeem a été arrêté à Tripoli le 5 novembre 2025 pour répondre de faits devant la justice libyenne. Pourtant, ni son lieu de détention ni aucune procédure de transfert vers La Haye n’ont été rendus publics.

Le 3 décembre 2025, Human Rights Watch a écrit au procureur général libyen pour obtenir des précisions sur les charges, le lieu de détention, la coopération avec la CPI et le statut des autres suspects. Aucune réponse n’a été reçue à ce jour.

Bien que la Libye ne soit pas État partie au Statut de Rome, elle est légalement tenue de coopérer avec la CPI en vertu de la résolution 1970 (2011) du Conseil de sécurité de l’ONU. En mai 2025, les autorités ont même accepté explicitement la compétence de la Cour pour les crimes commis entre 2011 et fin 2027. Aucune contestation officielle de cette obligation n’a été déposée auprès des juges de la CPI.

Une première chance de justice a déjà été gaspillée : arrêté à Turin en janvier 2025, Njeem a été renvoyé en Libye par l’Italie au lieu d’être remis à la CPI. Le 26 janvier 2026, les juges ont demandé aux États parties de tenir Rome responsable de ce refus de coopération.

Depuis l’ouverture de l’enquête en 2011, la CPI a émis 14 mandats d’arrêt. Aucun suspect n’a encore été jugé dans le dossier libyen. La procédure avance cependant : l’Allemagne a transféré en décembre 2025 Khaled Mohamed Ali El Hishri, accusé de crimes dans le même centre de Mitiga.
Par ailleurs, le 3 février 2026, Seif al-Islam Kadhafi (lui-même ancien recherché par la CPI) a été assassiné près de Zintan. Human Rights Watch appelle le parquet libyen à mener une enquête transparente, indépendante et conforme aux standards internationaux.

Parmi les autres fugitifs toujours activement recherchés figurent notamment Saif Suleiman Sneidel (Forces armées arabes libyennes) et six autres responsables : Abdurahem Khalefa Abdurahem Elshgagi, Makhlouf Makhlouf Arhoumah Doumah, Nasser Muhammad Muftah Daou, Mohamed Mohamed Al Salheen Salmi, Abdelbari Ayyad Ramadan Al Shaqaqi et Fathi Faraj Mohamed Salim Al Zinkal.

Les prisons et centres de détention libyens, souvent contrôlés par des milices, restent des lieux de torture, violences sexuelles, disparitions forcées et traitements inhumains généralisés. Le système judiciaire fragmenté manque cruellement de volonté et de capacité pour sanctionner ces crimes.

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