Coup de théâtre à Gaza : le Hamas dissout officiellement son administration et renonce au pouvoir après près de vingt ans de règne
Près de vingt ans après avoir pris le contrôle de la bande de Gaza, le Hamas a annoncé, lundi 6 juillet, la dissolution de ses instances dirigeantes et son retrait de l’administration civile du territoire palestinien. Cette décision, qui marque un changement politique majeur dans l’histoire du mouvement islamiste, ouvre la voie à l’installation d’un comité technocratique chargé d’assurer la gouvernance de l’enclave, dans le cadre des mécanismes issus des négociations ayant conduit au cessez-le-feu d’octobre 2025.
L’annonce a été faite par Ismaïl Al-Thawabta, directeur du bureau des médias du gouvernement du Hamas, qui a confirmé que Mohammed Al-Farra, président du comité d’urgence du gouvernement, avait officiellement présenté sa démission avant de prononcer la dissolution de cette structure exécutive.
Selon lui, cette mesure vise à « faciliter la transition administrative et gouvernementale vers le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) », organisme technocratique déjà constitué et appelé à prendre en charge la gestion quotidienne de la bande de Gaza.
Le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) a été créé sous l’impulsion du « Conseil de paix », une structure instaurée par le président américain Donald Trump lors des négociations ayant permis la mise en place du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur le 10 octobre 2025.
Dirigé par Ali Chaath, ingénieur civil proche du Fatah, le comité avait initialement été chargé de superviser les gigantesques travaux de reconstruction de l’enclave palestinienne, détruite à plus de 80 % après près de deux années de guerre.
Sa mission est désormais appelée à dépasser le seul volet de la reconstruction pour englober l’administration civile, les services publics, la coordination humanitaire et la représentation des institutions palestiniennes dans la bande de Gaza.
Pour le Hamas, cette décision ne constitue pas un abandon de la scène politique, mais une réorganisation destinée à répondre aux nouvelles réalités du conflit.Le porte-parole du mouvement, Hazem Qassem, a expliqué que cette évolution devait permettre de mettre fin aux arguments avancés par Israël pour poursuivre ses opérations militaires.
« Le Hamas franchit une nouvelle étape en renonçant à administrer la bande de Gaza afin de priver l’occupation de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d’extermination. »
Le responsable affirme également que le mouvement est prêt à transférer l’ensemble des responsabilités gouvernementales au NCAG afin d’assurer la réussite de cette nouvelle administration.
Selon lui, le Hamas avait déjà tenté à plusieurs reprises de mettre en place un organe technocratique similaire, sans parvenir à obtenir un consensus suffisant entre les différentes composantes palestiniennes.
D’après un responsable du Hamas cité par l’Agence France-Presse, les autres mouvements palestiniens avaient été informés de cette décision lors d’une récente réunion organisée au Caire.
Selon cette source, les différentes factions ont accueilli favorablement cette initiative, estimant qu’elle constitue « une étape sérieuse » permettant au Comité national d’assumer pleinement les responsabilités liées à la gouvernance de Gaza.
Cette convergence apparaît comme un fait politique notable dans un paysage palestinien profondément marqué depuis près de vingt ans par la rivalité entre le Hamas et le Fatah.
