Corse endeuillée : L’ancien président d’Ajaccio, Alain Orsoni assassiné lors des obsèques de sa mère
La Corse-du-Sud a été frappée lundi par un crime d’une violence symbolique rare. Alain Orsoni, ancien dirigeant nationaliste corse, homme d’affaires et ex-président du club professionnel de football de l’Athletic Club Ajaccio (ACA), a été abattu en pleine cérémonie funéraire, alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère dans le village de Vero, non loin d’Ajaccio.
Les faits se sont produits aux alentours de 16h30. Selon une source proche de l’enquête, la victime, âgée de 71 ans, a été mortellement touchée sur place. Les premières informations évoquent l’intervention d’un tireur embusqué, laissant supposer une opération préparée avec un haut degré de préméditation.
Le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe, a confirmé les faits à l’AFP et annoncé l’ouverture d’une enquête pour assassinat en bande organisée. L’enquête a été confiée conjointement à la police judiciaire et à la gendarmerie. Le magistrat s’est rendu sur les lieux du drame.
Figure emblématique et controversée du nationalisme corse, Alain Orsoni fut l’un des cadres historiques du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), avant de fonder le Mouvement pour l’autodétermination (MPA), une organisation souvent accusée par ses détracteurs de dérive affairiste. Réputé pour son sens tactique et son sang-froid, il avait quitté l’île en 1996, en pleine guerre fratricide entre factions nationalistes.
La violence avait déjà marqué intimement sa trajectoire familiale : son frère Guy Orsoni avait été assassiné en 1983, un drame fondateur dans son parcours, au point qu’il donna plus tard ce prénom à son fils, devenu à son tour une figure du banditisme corse.
Son assassinat, survenu lors d’un moment de deuil familial, ravive une nouvelle fois le spectre des règlements de comptes en Corse et pose, avec brutalité, la question persistante de l’emprise du crime organisé et des violences politiques sur l’île.
