Coupe d’Algérie : la claque Béjaouie qui fait mal au NAHD
La victoire écrasante (3-0) de la JSM Béjaïa sur le NA Hussein Dey, ce samedi au stade de l’Unité Maghrébine, n’est pas qu’un simple exploit d’un outsider. C’est un uppercut dans la face d’un football algérien qui s’accroche trop souvent à des gloires fanées et à des hiérarchies papier.
Dernier survivant de l’Inter-régions dans la compétition, la JSMB a livré une leçon de réalisme et d’intensité face à un NAHD de Ligue 2 qui a semblé désarmé dès le coup d’envoi. À la 9e minute, Saker punit déjà une défense nahdiste apathique, mal coordonnée et incapable de sortir proprement le ballon sous le pressing haut des Béjaouis. Le même Saker double la mise à la 38e, profitant d’un relâchement coupable, et scelle un doublé qui enterre déjà tout suspense avant la mi-temps.
Au retour des vestiaires, on attendait une réaction d’orgueil du « doyen » algérois. Elle n’est jamais venue. Le NAHD a multiplié les ballons perdus, les passes hasardeuses et les approximations techniques, sans jamais trouver la moindre faille dans un bloc béjaoui solide et mature. Gacem, en toute fin de match (89e), n’a fait qu’enfoncer le clou d’une humiliation logique et méritée.
Cette déroute interroge sévèrement : que reste-t-il vraiment du NA Hussein Dey, club historique qui a tant fait vibrer Alger par le passé ? Aujourd’hui, il apparaît comme une coquille vide, rongée par l’absence de projet clair, de caractère et d’animation offensive. Vivre sur un nom ne suffit plus ; le terrain est impitoyable.
À l’opposé, la JSM Béjaïa symbolise ce que la Coupe d’Algérie produit de plus beau : des outsiders qui compensent le manque de moyens par de la faim, de la cohésion et une organisation irréprochable. Sans forfanterie, ils ont géré leur avance avec intelligence, sans se faire piéger par l’euphorie ou par un adversaire qui n’a jamais su hausser le ton.
En quarts, face au CS Constantine (qui a sorti l’ES Sétif la veille), les Vert et Rouge s’offrent un rendez-vous de gala. Mais au-delà du rêve sportif, ils portent un message dérangeant pour tout le foot national : les divisions ne protègent personne, les exploits ne tombent pas du ciel, et les clubs qui stagnent sur leur passé risquent de se faire doubler par ceux qui bossent dans l’ombre.
