Football : 37 clubs algériens menacés de sanctions pour irrégularités financières
La Ligue nationale du football amateur (LNFA), dirigée par Ahmed Kharchi, a rendu publique une liste inquiétante recensant 37 clubs des championnats de deuxième et troisième division – Inter-régions et divisions régionales – en situation d’irrégularité financière, avec des dettes importantes qui restent impayées. Ces arriérés concernent principalement des amendes disciplinaires accumulées au fil des saisons, liées aux retards administratifs comme les feuilles de match non conformes, aux incidents impliquant supporters ou joueurs, au non-respect des protocoles réglementaires, mais également à divers manquements organisationnels. À ces dettes s’ajoutent des engagements financiers non honorés, tels que les frais d’arbitrage, la couverture médicale et les quotes-parts fédérales, alourdissant la charge des clubs déjà fragilisés par des budgets limités et des ressources précaires.
Si la LNFA n’a pas communiqué de chiffre officiel global, des sources internes estiment que certaines formations pourraient cumuler plusieurs millions de dinars de dettes, une situation critique qui menace directement l’équilibre et la régularité des compétitions. Face à ce constat, le bureau exécutif de la Ligue a décidé que tous les clubs concernés devront régulariser leur situation avant le 28 février 2026, passé ce délai, aucune tolérance ne sera accordée et les sanctions prévues par les règlements seront appliquées automatiquement.
Parmi ces mesures figurent la mise en demeure formelle, le retrait de points au classement, la suspension de participation aux compétitions, l’interdiction de recrutement, et, dans les cas les plus extrêmes, la relégation administrative. Pour Ahmed Kharchi, le message est clair :
« Le respect des engagements financiers est une condition fondamentale pour la crédibilité et la pérennité du football amateur. Nous ne pouvons plus tolérer que des dettes chroniques désorganisent les compétitions et faussent l’équité sportive. »
Cette alerte n’est pas une première, puisque des campagnes similaires avaient déjà contraint plusieurs clubs, y compris des formations historiques, à se mettre en règle dans l’urgence afin d’éviter les sanctions. Cependant, le contexte économique actuel complique encore davantage l’équation, car faibles recettes de billetterie, rareté des sponsors, subventions communales aléatoires et inflation persistante rendent très difficile le bouclage des budgets annuels, malgré le rôle central de ces clubs dans la formation des jeunes talents.
Ainsi, les prochaines semaines s’annoncent décisives : soit ces 37 clubs parviendront à réunir les fonds nécessaires dans un délai extrêmement court, soit le football amateur algérien devra faire face à une nouvelle vague de sanctions, avec des conséquences potentiellement lourdes sur la stabilité et la crédibilité de ses championnats.
