Marché pétrolier : l’Algérie et ses partenaires de l’OPEP+ augmentent modestement leur production pour mai 2026
Dans un contexte mondial profondément marqué par les perturbations des voies d’exportation, l’Algérie et sept autres membres de l’alliance élargie de l’OPEP+ ont annoncé, lors d’une réunion virtuelle tenue le 5 avril 2026, une hausse collective de leur production de pétrole de 206 000 barils par jour (bpj) à compter du mois de mai prochain. Cette décision résulte d’un compromis entre plusieurs grands producteurs soucieux de répondre aux signaux du marché tout en préservant une certaine stabilité de l’offre.
L’accord regroupe des poids lourds du pétrole tels que l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, l’Oman et l’Algérie. Il s’inscrit dans le cadre d’un processus d’ajustement progressif des quotas de production, amorcé les mois précédents, visant à réduire les coupes volontaires décidées depuis 2023, tout en restant attentif à l’équilibre fragile des marchés pétroliers mondiaux.
Pour l’Algérie, cette décision implique une augmentation de sa production d’environ 6 000 bpj, portant ainsi son volume total prévu à près de 983 000 bpj en mai 2026. Ce niveau représente un retour progressif à des cadences de production plus élevées après des mois marqués par des réductions volontaires et des contraintes d’exportation.
Collectivement, l’augmentation décidée (206 000 bpj) est relativement modeste au regard des quelque 15 millions de barils par jour de capacités affectées par la fermeture du détroit d’Ormuz, conséquence directe du conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran qui a perturbé le transit pétrolier mondial. Pour cette raison, plusieurs observateurs soulignent que ce relèvement de quotas demeure largement symbolique tant que l’accès aux infrastructures critiques reste limité.
La réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC), réunissant notamment les représentants d’Algérie, du Nigeria, du Venezuela, de l’Irak, de la Russie et d’autres pays producteurs, a également été l’occasion d’évaluer le degré de conformité des membres aux engagements pris en début d’année. Le comité a salué « les efforts soutenus » des pays partenaires, tout en rappelant l’importance d’une discipline stricte pour garantir la stabilité du marché mondial et éviter des déséquilibres potentiels entre l’offre et la demande.
Malgré son caractère positif, cette hausse reste limitée et largement symbolique face aux défis structurels actuels. Le contexte géopolitique demeure hautement instable : la fermeture du détroit d’Ormuz, conséquence directe du conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran, continue de perturber le transit pétrolier mondial, affectant particulièrement le Golfe Persique et les exportations de certains pays membres.
Par ailleurs, la capacité réelle à accroître la production varie selon les membres de l’OPEP+. Certains pays comme l’Algérie disposent de marges techniques limitées, de champs vieillissants ou d’infrastructures contraintes qui ne permettent pas d’augmenter efficacement les volumes. Cette situation crée un décalage entre quotas théoriques et production réelle, limitant l’impact concret sur l’offre mondiale.
