Bagdad, 29 décembre 2025 – Le nouveau Parlement irakien, issu des élections législatives du 11 novembre, a élu ce lundi Haibat al-Halbousi, député sunnite du parti Taqaddum (Progrès), à la présidence du Conseil des représentants lors de sa séance inaugurale. Avec 208 voix sur 283 suffrages exprimés (309 députés présents), il a devancé ses rivaux Salem al-Issawi (66 voix) et Amer Abdul-Jabbar (9 voix), après le retrait de Muthanna al-Samarrai.
Né en 1980 à Al-Anbar et titulaire d’un master en sciences politiques de l’université Mustansiriyah, Haibat al-Halbousi, proche cousin de l’ancien président Mohammed al-Halbousi, bénéficie du soutien des principaux blocs sunnites via le Conseil national politique sunnite. Son élection, présidée initialement par le doyen d’âge Amer al-Fayez, symbolise une unification relative des sunnites et renforce le rôle pivot de Taqaddum dans l’architecture ethno-confessionnelle irakienne.
Cette séance, tant attendue par une population las d’instabilité, de crise économique et de paralysie institutionnelle, lance le processus de formation du gouvernement malgré l’absence de majorité absolue aux législatives – où la coalition de Mohammed Shia al-Sudani (Reconstruction et Développement) a obtenu 46 sièges sur 329, suivie de Taqaddum (36).
Cette trajectoire inquiète alliés occidentaux et opinion irakienne, y compris chiite, face à l’influence de Téhéran. La souveraineté, minée par conflits, corruption et ingérences, reste l’enjeu majeur.
Conformément au système coutumier de muhasasa « apportionnement sectaire », en vigueur depuis l’adoption de la Constitution post-2003, la présidence du Parlement revient à un sunnite, celle de la République à un kurde, tandis que le poste de Premier ministre est réservé à un chiite, issu du plus grand bloc parlementaire.
L’élection d’al-Halbousi constitue donc la première pièce d’un échiquier institutionnel complexe, où chaque nomination résulte de compromis délicats entre forces rivales.
Malgré les appels répétés du président du Conseil judiciaire suprême, Faiq Zaidan, à respecter le délai constitutionnel de 90 jours pour la formation du gouvernement, peu d’observateurs s’attendent à une issue rapide.
L’expérience passée incite à la prudence : en 2021, il avait fallu plus de 300 jours pour parvenir à un accord gouvernemental.


























