Transfert massif de détenus présumés de Daech : plus de 5 700 individus déplacés de Syrie vers l’Irak pour prévenir une résurgence terroriste

Transfert massif de détenus présumés de Daech : plus de 5 700 individus déplacés de Syrie vers l’Irak pour prévenir une résurgence terroriste

Le 13 février 2026, le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé l’achèvement d’une opération militaire exceptionnelle : le transfert sécurisé de plus de 5 700 combattants adultes présumés affiliés à l’État islamique (EI/Daech/ISIS) depuis les centres de détention du nord-est de la Syrie vers des prisons irakiennes. Selon le CENTCOM, cette mission de 23 jours s’est conclue par un vol nocturne entre la Syrie et l’Irak, et a permis le déplacement exact de 5 704 détenus.

Les détenus transférés provenaient de 61 nationalités différentes, soulignant le caractère international de l’organisation djihadiste. Selon le Centre national irakien de coopération judiciaire internationale (NCIJC), 3 543 détenus étaient Syriens, 467 Irakiens, 710 originaires d’autres pays arabes, et plus de 980 étrangers venus d’Europe, d’Asie centrale, d’Asie du Sud-Est, d’Australie et des États-Unis. Si les autorités américaines avaient initialement évoqué jusqu’à 7 000 transferts, le chiffre final s’explique par des ajustements logistiques, des vérifications d’identité et l’exclusion de certaines catégories, notamment les femmes et les enfants, rapatriés séparément par leurs pays d’origine.

Arrivés en Irak, les détenus ont été placés dans des établissements sécurisés, tels qu’al-Karkh à Bagdad, où le pouvoir judiciaire a lancé des interrogatoires approfondis en vue de poursuites. Depuis 2017, l’Irak a déjà condamné à mort ou à de longues peines des milliers de membres présumés de Daech, et insiste sur le respect de sa législation antiterroriste. Toutefois, des organisations de défense des droits humains expriment des inquiétudes récurrentes sur les risques de procès expéditifs, de torture, de conditions de détention difficiles et sur l’application possible de la peine capitale.

L’Irak continue d’appeler les pays d’origine à rapatrier leurs ressortissants. Malgré quelques rapatriements, principalement de femmes et d’enfants, la plupart des gouvernements occidentaux hésitent, évoquant des obstacles sécuritaires, judiciaires et politiques. Des cas de ressortissants canadiens, français ou australiens restent particulièrement sensibles et font l’objet de débats intenses.

L’amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, a salué le « leadership irakien » et la coopération des forces impliquées, qualifiant l’opération d’« exceptionnellement difficile » sur les plans terrestre et aérien. Il a souligné l’importance stratégique de cette initiative pour la sécurité régionale, rappelant que Daech, bien que vaincu territorialement en Irak (2017) et en Syrie (2019), conserve des capacités de nuisance à travers des attaques sporadiques, des recrutements clandestins et des filières financières.

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