Un trésor caché de plus de cent milliards de dollars : tel est l’empire parallèle que l’Iran a bâti malgré les sanctions les plus sévères.

Un trésor caché de plus de cent milliards de dollars : tel est l’empire parallèle que l’Iran a bâti malgré les sanctions les plus sévères.

Depuis plus de quatre décennies, le pays endure l’un des régimes de sanctions les plus implacables de l’histoire moderne, laissant son économie officielle en lambeaux : une inflation chronique dépassant souvent 40 %, grimpant vers 60 % selon les projections 2026 de la Banque mondiale ; une dévaluation abyssale du rial, ayant atteint des records historiques en janvier 2026 en flirtant avec 1,4 à 1,5 million de rials pour un dollar sur le marché parallèle ; un pouvoir d’achat pulvérisé, un chômage endémique, des pénuries alimentaires et énergétiques généralisées, et une contraction économique projetée pour 2025-2026.

Or, derrière ce tableau de misère généralisée, le cœur du pouvoir, autour du Guide suprême Ali Khamenei et de son cercle restreint, a patiemment construit un empire économique opaque, tentaculaire et largement indépendant des circuits officiels, estimé à plus de 100 milliards de dollars, et potentiellement jusqu’à 200, voire 300 milliards selon des analyses récentes de sources comme The Atlantic, Bloomberg ou des évaluations américaines. Un empire qui échappe à tout contrôle démocratique, fiscal ou parlementaire, et permet au régime de survivre, de financer ses priorités stratégiques, tout en contournant l’asphyxie internationale.

Le pilier central de ce système est la Setad Ejraiye Farmane Hazrate Emam, créée en 1989 par décret de Khomeini pour gérer des biens « abandonnés » ou confisqués après la révolution de 1979. Elle est devenue un conglomérat géant opérant sans transparence ni reddition de comptes, dont Reuters chiffrait déjà les actifs à 95 milliards de dollars en 2013, et dont les estimations 2025-2026 oscillent autour de 90 milliards pour la seule Setad, et jusqu’à 250 ou 300 milliards pour l’ensemble de l’empire lié à Khamenei. Cet empire est actif dans les télécommunications, les mines, l’immobilier issu de confiscations massives, l’énergie, la pharmacie, la finance, l’agriculture, la construction et le tourisme, générant des milliards de revenus annuels exonérés d’impôts, grâce à des confiscations systématiques de biens appartenant à des opposants, des minorités religieuses ou des exilés.

Parallèlement, les Gardiens de la Révolution, avec près de 200 000 hommes, contrôlent entre 30 et 50 % de l’économie iranienne via leurs filiales, et dominent le BTP, les ports, les hydrocarbures, les télécoms, la logistique et le marché noir. Ils assurent leur loyauté politique par des rentes colossales, tout en contournant les sanctions grâce à une flotte fantôme, au troc avec la Chine ou le Venezuela, et à des réseaux financiers opaques. Dans l’ombre, Mojtaba Khamenei, fils du Guide suprême, apparaît comme le gestionnaire de facto de cet empire, avec un portefeuille immobilier offshore spectaculaire comprenant des propriétés de luxe à Londres, Dubaï, Francfort, Majorque, Paris, Toronto et dans plusieurs pays européens, financées par des ventes de pétrole iranien et transitant par des banques suisses, britanniques, liechtensteinoises et émiraties, via un réseau de sociétés écrans animé notamment par Ali Ansari, magnat immobilier sanctionné par le Royaume-Uni.

Ce contraste violent entre richesse extérieure et misère intérieure sert avant tout à sécuriser l’avenir de l’élite en cas d’effondrement. Car malgré les sanctions renforcées, ce système prospère encore grâce aux exportations pétrolières clandestines, aux investissements immobiliers à l’étranger et au financement simultané de la répression interne et des alliés régionaux. Il demeure toutefois structurellement fragile, puisqu’entièrement dépendant de la survie du régime : un effondrement politique ou social entraînerait inévitablement gels d’avoirs, saisies internationales et exposition des réseaux.

Ce tableau illustre ainsi un État capturé par un complexe politico-militaro-financier, où l’élite s’enrichit par l’opacité, les confiscations et les rentes, pendant que l’économie officielle agonise. Et malgré les dénégations pro-régime, les enquêtes de Reuters, Bloomberg, du Financial Times, du Trésor américain et de The Atlantic démontrent, documents à l’appui, que l’Iran des mollahs incarne une dualité tragique : un peuple appauvri et réprimé face à un sommet du pouvoir financièrement blindé. Si bien que si le régime venait à vaciller, comme les protestations récentes le laissent craindre, cet empire pourrait s’effondrer comme un château de cartes, révélant l’ampleur du pillage accumulé sur des décennies.

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