L’Égypte dément toute importation de dattes israéliennes à l’approche du Ramadan

L’Égypte dément toute importation de dattes israéliennes à l’approche du Ramadan

Les autorités égyptiennes ont formellement démenti toute importation de dattes en provenance d’Israël, dans un communiqué publié vendredi par le Conseil des ministres, mettant fin à une polémique qui enflammait les réseaux sociaux depuis plusieurs jours.

À l’origine de cette controverse, des publications virales accusant certains distributeurs d’écouler sur le marché local des dattes prétendument importées d’Israël, suscitant des appels au boycott et une vive indignation dans l’opinion publique, à l’approche du mois de Ramadan.

Interrogé sur ces accusations, le ministère de l’Agriculture et de la Bonification des terres a catégoriquement rejeté ces allégations, les qualifiant de « totalement dénuées de fondement ». Il a rappelé qu’Israël ne figure pas sur la liste officielle des pays autorisés à exporter des produits du palmier vers l’Égypte, y compris les dattes, conformément à la réglementation sanitaire et phytosanitaire en vigueur.

Selon le communiqué, les importations de dattes fraîches sont strictement encadrées et limitées à de faibles volumes, provenant exclusivement de sources certifiées, et concernent uniquement certaines variétés rares ou peu cultivées localement. Les dattes sèches ou semi-sèches, quant à elles, ne sont importées qu’en dehors des périodes de récolte nationale, principalement pour répondre aux besoins spécifiques de l’industrie agroalimentaire.

Le ministère a également tenu à rappeler le poids stratégique de l’Égypte dans ce secteur. « L’Égypte occupe le premier rang mondial pour la production de dattes, avec un volume annuel dépassant les deux millions de tonnes, issues de près de 24 millions de palmiers », souligne le communiqué.

Pour l’année 2025, les importations totales de dattes se sont élevées à 29 439 tonnes. Les principaux pays fournisseurs sont l’Arabie saoudite (21 494 tonnes), suivie de l’Irak (5 522 tonnes), de la Libye (1 583 tonnes), de la Jordanie (620 tonnes), de la Syrie (204 tonnes), du Soudan (15 tonnes) et des Émirats arabes unis (1,7 tonne). Israël n’apparaît à aucun moment dans ces statistiques officielles.

Les autorités estiment que cette rumeur s’inscrit dans une « campagne de désinformation systématique » visant à nuire à l’image des exportations agricoles égyptiennes, à l’approche de grands rendez-vous internationaux, notamment le salon « Fruit Logistica » de Berlin en 2026.

Cette polémique intervient dans un contexte particulièrement sensible : l’Égypte vient de franchir un seuil historique avec plus de 9,5 millions de tonnes de produits agricoles exportés en 2025, un record salué par les autorités comme un succès stratégique pour l’économie nationale.

Le gouvernement souligne que l’approche du mois sacré de Ramadan, période durant laquelle les dattes occupent une place centrale dans l’alimentation quotidienne des Égyptiens, a contribué à amplifier l’émotion suscitée par cette affaire, donnant à une rumeur infondée une portée nationale.

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