Syrie : les forces de Damas entrent à Qamishli dans le cadre d’un accord avec les Kurdes

Syrie : les forces de Damas entrent à Qamishli dans le cadre d’un accord avec les Kurdes

Les forces de sécurité syriennes ont fait leur entrée, mardi, dans la ville de Qamishli, principale agglomération à majorité kurde du nord-est de la Syrie. Cette avancée marque une étape politique et sécuritaire majeure dans la mise en œuvre de l’accord conclu entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS), après plusieurs semaines de tensions militaires dans la région.

Selon les médias officiels syriens, ce déploiement s’inscrit dans un accord global de cessez-le-feu et de réintégration progressive, destiné à mettre fin à des années de séparation de fait entre l’État syrien et les territoires administrés par les Kurdes depuis le début du conflit. Autrement dit, il s’agit d’un retour encadré et négocié de l’autorité centrale dans une zone longtemps placée sous gouvernance autonome.

Dans ce contexte, l’agence officielle SANA a confirmé qu’un convoi des forces de sécurité intérieure, composé de véhicules militaires et de blindés de transport de troupes, a pénétré dans les faubourgs de la ville, autrefois bastion politique de l’administration autonome kurde. Ce mouvement, bien que limité dans sa forme, revêt une forte portée symbolique, puisqu’il intervient après plus d’une décennie de gouvernance kurde appuyée par les États-Unis dans la lutte contre l’organisation État islamique.

Parallèlement à cette entrée, un climat de forte tension s’est installé dans la ville. Les forces de sécurité kurdes (Asayish) ont ainsi instauré un couvre-feu total, paralysant l’activité économique et sociale de Qamishli. Les rues sont restées désertes, tandis que barrages et patrouilles ont été déployés à toutes les entrées, les autorités appelant la population à respecter strictement les consignes afin d’éviter tout incident entre les forces locales et les unités gouvernementales.

Toutefois, afin de prévenir toute escalade, le déploiement syrien demeure volontairement restreint, conformément aux termes de l’accord. Seul un nombre limité de soldats et de véhicules a été autorisé à entrer dans la ville, dans une logique de présence symbolique plus que de contrôle militaire effectif.

À ce sujet, Marwan al-Ali, récemment nommé chef de la sécurité intérieure de la province de Hassaké, a précisé que l’intégration des forces kurdes — police, sécurité et administration — au sein des structures de l’État syrien se fera de manière progressive et négociée, une fois la situation stabilisée sur le terrain.

De son côté, le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, a confirmé que l’accord prévoit également le retrait réciproque des forces kurdes et gouvernementales des lignes d’engagement, remplacées par des forces de sécurité limitées dans les principales villes du nord-est. Dans cette dynamique, les forces gouvernementales ont déjà fait leur entrée à Hassaké, et devraient prochainement se déployer à Kobani, ville hautement symbolique pour les Kurdes depuis leur victoire contre Daech en 2015.

Plus largement, l’accord signé entre Damas et les FDS prévoit une recomposition en profondeur du nord-est syrien. Il inclut l’intégration progressive des institutions militaires et administratives kurdes dans l’appareil de l’État syrien, la création d’une division militaire composée de trois brigades issues des FDS au sein de l’armée syrienne, ainsi qu’une brigade spécifique pour la région stratégique de Kobani.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *