Rafah rouvert dans les deux sens, sous quotas et contrôle israélien strict

Rafah rouvert dans les deux sens, sous quotas et contrôle israélien strict

Le point de passage de Rafah a été rouvert dans les deux sens au trafic de passagers le lundi 2 février 2026, marquant une avancée concrète mais très encadrée dans l’application de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025. Cette réouverture, effective après une phase pilote lancée dimanche 1er février, intervient dans un contexte de mesures de sécurité strictes et reste loin d’un retour à une circulation fluide ou massive.

Selon l’Autorité de radiodiffusion hébraïque et des sources égyptiennes relayées par Cairo News Channel, le poste-frontière – seul accès direct de la bande de Gaza vers l’extérieur sans transiter par Israël – permet désormais le passage de personnes dans les deux directions : des Palestiniens revenant en Gaza depuis l’Égypte (ou d’autres pays) et d’autres quittant l’enclave, souvent pour des soins médicaux urgents, des retrouvailles familiales ou des voyages. Des vidéos montrent des Palestiniens attendant patiemment devant le point de passage pour finaliser leurs formalités d’entrée ou de sortie, tandis que le premier groupe de retours a été signalé dès le début de la semaine.

L’Égypte transmet quotidiennement à Tel-Aviv une liste de 50 Palestiniens autorisés à entrer dans la bande de Gaza via Rafah. En échange, une équipe européenne (mission EUBAM Rafah) fournit à l’Égypte une liste d’environ 150 personnes souhaitant quitter Gaza, avec indication de leur destination finale. Les quotas initiaux restent très limités : environ 50 personnes par jour dans chaque sens (soit un total de 100), avec une capacité potentielle de 150 à 200 au total une fois le système stabilisé, selon des officiels israéliens et égyptiens. Seuls les piétons sont concernés pour l’instant ; aucune circulation commerciale ou massive d’aide humanitaire n’est incluse dans cette phase.

Israël a renforcé les contrôles en construisant un corridor dédié appelé « Regavim », géré par ses services de sécurité dans une zone sous contrôle militaire. Les entrants à Gaza passent par une voie spéciale d’inspection (avec vérification d’identité, fouilles et technologies comme la reconnaissance faciale) pour empêcher toute introduction clandestine d’armes ou de matériel prohibé. Les listes sont approuvées au préalable par les services de sécurité israéliens, en coordination avec l’Égypte et la mission européenne EUBAM, qui supervise les opérations côté gazaoui avec une présence palestinienne technique.

Cette réouverture était prévue dès la première phase de l’accord de cessez-le-feu négocié sous l’égide des États-Unis (plan associé au président Trump), mais Israël l’avait retardée plusieurs mois, invoquant des raisons de sécurité et la nécessité d’un mécanisme d’inspection renforcé – notamment après le rapatriement de la dépouille du dernier otage, Ran Gvili. Fermé quasi hermétiquement depuis mai 2024 (lorsque les forces israéliennes en ont pris le contrôle), Rafah avait aggravé la crise humanitaire : des milliers de patients (environ 20 000 selon certaines estimations, dont de nombreux enfants et blessés graves) attendaient une évacuation médicale, et l’aide vitale restait entravée.

Malgré cette lueur d’espoir pour les familles séparées et les malades, les limites restent majeures : pas de libre accès, quotas très restreints, veto israélien de fait sur les passages, absence de flux commerciaux, et persistance d’une situation sécuritaire fragile (avec des incidents sporadiques malgré le cessez-le-feu). Des organisations humanitaires comme la Croix-Rouge ou MSF soulignent que l’urgence reste totale pour les millions de Gazaouis privés de services de base en plein hiver.

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