Opération conjointe syro-irakienne à Homs : saisie de près de 300 000 comprimés de Captagon et arrestation de deux trafiquants internationaux

Opération conjointe syro-irakienne à Homs : saisie de près de 300 000 comprimés de Captagon et arrestation de deux trafiquants internationaux

Damas/Homs, 5 février 2026 — Les directions de lutte contre les stupéfiants de Syrie et d’Irak ont réalisé une nouvelle opération coordonnée d’envergure dans le gouvernorat de Homs, au centre de la Syrie, aboutissant à la saisie d’environ 300 000 comprimés de Captagon et à l’interpellation de deux suspects activement recherchés au niveau international.

Selon le communiqué officiel publié par le ministère syrien de l’Intérieur et relayé par l’agence SANA, l’opération a été menée par la Direction de la lutte contre les stupéfiants syrienne, en coordination directe et étroite avec la Direction générale de la lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes irakienne. Elle s’inscrit dans le cadre renforcé de la coopération sécuritaire bilatérale visant à démanteler les réseaux criminels transfrontaliers spécialisés dans la production, le trafic et la distribution de drogues de synthèse.

Les forces conjointes ont déjoué une tentative d’introduction clandestine d’une importante cargaison de Captagon sur le territoire syrien. Les deux individus interpellés étaient en possession des comprimés, qu’ils prévoyaient de redistribuer sur plusieurs marchés régionaux (notamment vers l’Irak et potentiellement d’autres pays du Golfe ou du Levant). Les suspects ont été placés en détention immédiate en attendant leur comparution devant la justice syrienne.Les deux hommes font l’objet de mandats d’arrêt internationaux pour trafic de stupéfiants et appartenance à des réseaux organisés.

Cette saisie, bien que moindre en volume par rapport à certaines opérations précédentes, confirme la persistance des flux de Captagon malgré les efforts accrus de répression. Elle intervient moins d’un mois après une opération record menée en janvier 2026 par les mêmes services : une vaste action coordonnée avait permis de saisir environ 2,5 millions de comprimés de Captagon, d’arrêter plusieurs membres du réseau (dont un en Irak et deux en Syrie, dans les zones de Homs et de la campagne de Damas), et de perturber une des principales routes logistiques du trafic.

Le Captagon (nom commercial de la fenétylline, une amphétamine de synthèse) est devenu depuis plus d’une décennie l’une des drogues les plus consommées et trafiquées au Moyen-Orient. Très prisé pour ses effets stimulants intenses (augmentation de l’énergie, diminution de la fatigue, euphorie, réduction de l’anxiété), il est surnommé « la drogue des combattants » ou « cocaïne des pauvres ». Sa production industrielle à bas coût en Syrie (sous l’ancien régime comme après) en a fait une source de revenus illicites massive, estimée à plusieurs milliards de dollars par an par certains rapports.

Les pilules, souvent conditionnées sous forme de petites tablettes blanches ou beige marquées d’un logo (demi-lune, etc.), transitent par des routes terrestres via l’Irak, la Jordanie, le Liban ou la Turquie, avant d’atteindre les marchés de consommation du Golfe (Arabie saoudite, Émirats, etc.), où leur valeur à la revente explose.

Les ministères de l’Intérieur des deux pays réitèrent leur volonté d’intensifier les opérations conjointes, de renforcer les mécanismes de partage de renseignements et d’assécher durablement les filières de production et de transit. Le communiqué syrien souligne que ces actions contribuent à « tarir les sources de financement occulte des réseaux criminels » et à réduire les risques sécuritaires et sanitaires liés à cette drogue.

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