Guerre au Soudan : Guterres avertit les parrains des deux camps et presse pour un cessez-le-feu immédiat
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé samedi à une intensification des pressions diplomatiques afin d’imposer un cessez-le-feu immédiat au Soudan, ravagé par une guerre civile meurtrière depuis près de trois ans. S’exprimant en marge du sommet annuel de l’Union africaine à Addis-Abeba, il a affirmé que les Nations unies étaient « pleinement engagées » aux côtés de partenaires régionaux et internationaux pour tenter de briser l’impasse militaire.
« Nous devons avant tout créer les conditions permettant d’exercer une pression réelle sur les deux parties au conflit, mais aussi sur tous ceux qui les soutiennent et les arment, sur le continent africain comme en dehors », a déclaré Guterres, sans citer explicitement les États visés. Cette mise en garde vise clairement les parrains extérieurs accusés d’alimenter la guerre par des livraisons d’armes, de carburant ou de combattants.
L’ONU agit en coordination étroite avec l’UA, la Ligue arabe et le « Quad » (États-Unis, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Égypte) afin de « rouvrir la voie à des négociations crédibles » et obtenir un arrêt immédiat des hostilités.
La guerre oppose l’armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemeti ». Les deux camps sont accusés de crimes de guerre, d’attaques contre les civils et d’entraves systématiques à l’aide humanitaire.
Le bilan est catastrophique : plusieurs dizaines de milliers de morts, environ 11 millions de personnes déplacées ou réfugiées, et une crise humanitaire que l’ONU qualifie de « pire au monde », avec des régions entières menacées de famine.
Les Émirats arabes unis sont régulièrement mis en cause pour un soutien présumé aux FSR – en armes, en logistique et en mercenaires – malgré les démentis répétés d’Abu Dhabi. Des rapports d’experts internationaux et d’ONG indépendantes ont toutefois documenté ces flux, renforçant les soupçons sur d’autres acteurs régionaux et extra-régionaux impliqués indirectement dans le conflit.
En marge du dossier soudanais, Guterres a également évoqué les tensions persistantes entre l’Éthiopie et l’Érythrée, deux pays voisins marqués par une histoire conflictuelle. Il a exprimé l’espoir d’une réconciliation durable, rappelant que leur dernière guerre (1998-2000) avait fait des dizaines de milliers de morts et fragilisé l’ensemble de la région.
Face à l’absence de progrès concrets sur le terrain, l’appel de Guterres résonne comme un ultimatum diplomatique : sans pression accrue sur les belligérants et leurs soutiens, la catastrophe humanitaire soudanaise risque de s’aggraver encore, avec des conséquences durables pour toute la Corne de l’Afrique.
