Les prix du pétrole ont enregistré une hausse notable ce lundi 17 mars 2025, alors que les États-Unis intensifient leurs frappes aériennes contre les Houthis au Yémen, dans ce qui constitue la plus vaste opération militaire américaine au Moyen-Orient depuis l’entrée en fonction de Donald Trump en janvier 2025. Cette escalade militaire, motivée par les attaques yéménites contre les navires en mer Rouge, continue de perturber le commerce mondial et d’alimenter les incertitudes sur les marchés pétroliers.
Les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en avril ont grimpé de 1,04 %, atteignant 67,24 dollars le baril. De son côté, le Brent de la mer du Nord, référence internationale pour livraison en mai, a progressé de 0,65 %, s’établissant à 71,04 dollars le baril. Ces augmentations, bien que modérées, traduisent une nervosité croissante des investisseurs face à la situation géopolitique au Moyen-Orient.
Cette hausse intervient après une période de volatilité : la semaine dernière, les cours avaient déjà légèrement rebondi, mettant fin à trois semaines consécutives de baisse. Cette reprise avait été portée par des inquiétudes sur l’offre, malgré les craintes d’un ralentissement économique mondial lié aux tensions commerciales exacerbées par les politiques tarifaires de l’administration Trump.
Les frappes aériennes américaines, menées dans la nuit de dimanche à lundi, visent à neutraliser les capacités militaires des Houthis, un groupe soutenu par l’Iran qui multiplie les attaques contre les navires en mer Rouge. Ces assauts, lancés en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, ont ciblé des bâtiments soupçonnés d’être liés à Israël, perturbant une artère clé du commerce mondial. Environ 12 % du pétrole transporté par voie maritime et 8 % du gaz naturel liquéfié mondial transitent par cette région stratégique, reliant le détroit de Bab al-Mandab au canal de Suez.
Le ministère de la Santé du gouvernement de Sanaa, contrôlé par les Houthis, a rapporté un lourd bilan humain, avec au moins 53 morts causés par les bombardements américains. En réponse, les États-Unis ont réaffirmé leur intention de poursuivre ces opérations jusqu’à ce que les Houthis cessent leurs attaques, une position relayée par des sources officielles citées par Jamaran et Rossiya El Youm. Cette fermeté a ravivé les craintes d’une escalade régionale, susceptible d’affecter davantage l’approvisionnement énergétique mondial.
Les analystes s’accordent à dire que ces perturbations en mer Rouge maintiennent une pression haussière sur les cours du pétrole à court terme. Cependant, cette tendance pourrait être contrebalancée par des facteurs macroéconomiques plus larges. Goldman Sachs, dans une note récente, a abaissé ses prévisions pour le Brent à 71 dollars le baril d’ici décembre 2025 (contre 76 dollars auparavant), anticipant une croissance économique américaine plus faible qu’attendu. Cette révision reflète l’impact des tarifs douaniers imposés par Washington sur des partenaires clés comme la Chine, le Mexique et le Canada, qui risquent de freiner la demande mondiale de pétrole.