Londres/New York, 29 novembre 2025 – Les prix du pétrole ont clôturé en légère baisse vendredi, effaçant une partie des gains enregistrés en début de semaine, alors que les investisseurs continuent de digérer un cocktail explosif : surabondance mondiale imminente, production américaine à des records historiques et incertitude sur l’issue des négociations russo-ukrainiennes.
Le Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier, contrat de référence arrivant à échéance ce vendredi, a reculé de 14 cents (-0,22 %) à 63,20 $/baril. Le contrat de février, désormais le plus échangé, a clôturé à 62,38 $. Aux États-Unis, le WTI a cédé 10 cents (-0,17 %) à 58,55 $/baril, après la reprise des transactions sur le NYMEX, perturbées la veille par une panne technique liée au refroidissement du data center CyrusOne du CME Group.
Malgré cette clôture en léger repli, les deux indices ont enregistré une hausse hebdomadaire d’environ 1 %, leur premier gain sur sept jours depuis plusieurs semaines. Ce bref répit s’inscrit toutefois dans une tendance baissière qui dure depuis quatre mois consécutifs, la plus longue série descendante observée depuis 2023.
La principale préoccupation reste la perspective d’un excédent d’offre dès le premier trimestre 2026. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), la production américaine a atteint un niveau record en septembre, à 13,84 millions de barils par jour, en hausse de 44 000 b/j. Les analystes estiment que l’expansion future se concentrera sur l’offshore, les bassins de schiste onshore approchant de leur limite technique.
Dans ce contexte, le dernier sondage Reuters, réalisé auprès de 35 économistes et analystes, a révisé à la baisse ses prévisions : le Brent devrait atteindre en moyenne 62,23 $/baril en 2026, contre 63,15 $/baril un mois plus tôt. Certaines projections plus pessimistes évoquent même un excédent mondial pouvant atteindre 4 millions de barils par jour, selon l’AIE.
L’optimisme suscité mi-novembre par les négociations de paix russo-ukrainiennes sous médiation américaine s’est rapidement dissipé. Les prix avaient alors chuté de près de 2 $ en quelques heures sur l’espoir d’une levée rapide des sanctions pétrolières russes. Faute d’avancée concrète, la prime de risque géopolitique refait surface. Dennis Keisler, vice-président trading chez BOK Financial, résume : « Le marché avait déjà intégré un accord. En son absence, le durcissement des sanctions contre Moscou redevient plausible. »
La réunion ministérielle de l’OPEP+ prévue ce dimanche 30 novembre devrait confirmer le maintien des quotas actuels et activer le mécanisme indépendant d’évaluation des capacités de production de ses membres. Huit pays – Arabie saoudite, Russie, Irak, Émirats arabes unis, Koweït, Kazakhstan, Algérie et Oman – ont déjà approuvé une légère augmentation de 137 000 barils par jour pour le mois de décembre, avant une probable pause au premier trimestre 2026, destinée à contenir le risque de surplus sur le marché.
Par ailleurs, selon plusieurs sources de marché, Saudi Aramco s’apprêterait à réduire fortement ses prix officiels de vente (OSP) vers l’Asie pour janvier : le flagship Arab Light pourrait voir sa prime sur Oman/Dubai tomber à seulement 0,60-0,70 $/baril, niveau le plus bas en cinq ans. Un signal clair que Riyad privilégie la défense de ses parts de marché face à une offre russe et iranienne toujours abondante malgré les sanctions.



























