Islamabad, 29 novembre 2025 – Les tensions politiques au Pakistan atteignent un point de non-retour alors que les spéculations sur l’état de santé de l’ancien Premier ministre Imran Khan, incarcéré depuis plus de deux ans à la prison d’Adiala à Rawalpindi, enflamment les réseaux sociaux et les rues. Sa sœur, Noreen Niazi, a proféré un avertissement sans précédent contre le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef d’état-major de l’armée, le général Asim Munir, les accusant de comploter dans l’ombre pour éliminer le leader charismatique du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI). « N’osez même pas vous en prendre physiquement à Imran Khan, car c’est une ligne rouge. Si vous franchissez cette limite, le pays sombrera dans le chaos total. Le peuple est derrière lui, et il attend de le voir libre. Vous n’oserez rien lui faire », a-t-elle déclaré, la voix tremblante de rage et d’inquiétude.
Tout a commencé par une vague de rumeurs virales sur les réseaux sociaux, propagées depuis l’Afghanistan et le Pakistan, affirmant qu’Imran Khan, âgé de 73 ans, avait été « mystérieusement assassiné » dans sa cellule. Ces allégations, démenties avec vigueur par les autorités de la prison d’Adiala, ont été qualifiées par Noreen Niazi de « manœuvre délibérée pour perturber l’opinion publique et ses partisans ». Selon elle, ces fake news visent à semer la panique et à discréditer le PTI, le parti fondé par Khan en 1996, qui reste une force majeure malgré la répression.
Malgré les assurances officielles – les responsables de la prison affirment que Khan est « en parfaite santé » et reçoit tous les soins médicaux nécessaires –, la famille de l’ancien Premier ministre reste intransigeante. « Nous n’avons aucune nouvelle depuis plus de quatre semaines. Ni visites familiales, ni accès pour les avocats ou les membres du parti. C’est une forme de torture mentale et physique », dénonce Noreen. Elle va plus loin, comparant le régime actuel à « l’ère Hitler » : un « dictature fasciste » où la police brutalise femmes, enfants et vieillards sans droit, sous les ordres d’Asim Munir, qu’elle qualifie de « dictateur pur et dur ». Le gouvernement de Shehbaz Sharif, qualifié de « plus impopulaire de l’histoire pakistanaise », serait une marionnette des militaires, selon elle.
Dans un geste d’escalade judiciaire, une autre sœur d’Imran Khan, Aleema Khan, a déposé vendredi une plainte pour outrage à la Haute Cour d’Islamabad (IHC) contre le directeur de la prison d’Adiala et d’autres responsables. Cette action en contempt of court vise le non-respect d’une décision de la cour datant du 24 mars, qui impose deux réunions hebdomadaires avec le fondateur du PTI. Accompagnée du ministre en chef de Khyber Pakhtunkhwa, Sohail Afridi, et d’autres leaders du parti, Aleema a mené un sit-in de 16 heures devant le poste de contrôle de la prison, qui s’est soldé par un refus catégorique des autorités.
« Si un seul cheveu sur la tête d’Imran est touché, aucun d’eux ne sera épargné », a-t-elle menacé, les yeux emplis de fureur. Les trois sœurs – Noreen, Aleema et Uzma Khan – ont elles-mêmes été victimes de brutalités policières lors d’une précédente tentative de visite : traînées par les cheveux, giflées et détenues brièvement, elles ont porté plainte auprès du chef de la police du Pendjab pour « attaque orchestrée ». Des milliers de partisans du PTI ont convergé vers la prison, transformant la route d’Adiala en un champ de protestations enflammées, avec des slogans contre l’armée et des appels à la libération immédiate de leur leader.
Le ministre de la Défense, Khwaja Asif, a tenté de minimiser la crise en décrivant les conditions de détention comme « cinq étoiles », mais ces affirmations sonnent creux face aux témoignages de la famille. Des manifestations ont éclaté à Karachi et Lahore, avec des PTI supporters accusant les autorités de « loi de la jungle » et d’impunité totale. Noreen Niazi l’a martelé : « Si l’on opprime son propre peuple, il ne vous soutiendra jamais. Une révolte populaire est inévitable. »


























