Flambée du pétrole : +3 % en une séance, les marchés sous le spectre d’un conflit États‑Unis‑Iran 

 Flambée du pétrole : +3 % en une séance, les marchés sous le spectre d’un conflit États‑Unis‑Iran 

Les cours du pétrole ont connu une flambée spectaculaire d’environ 3 % ce vendredi 27 février 2026, alors que la tension géopolitique entre les États‑Unis et l’Iran pèse lourdement sur les marchés. Cette envolée intervient dans un contexte d’incertitude prolongée autour des négociations nucléaires indirectes, désormais reportées à la semaine prochaine à Vienne après des discussions infructueuses à Genève.

À la clôture partielle européenne, le baril de Brent pour livraison en avril s’échangeait entre 72,47 et 72,89 dollars, enregistrant une progression de 2,3 % à 2,9 % sur la journée et atteignant un pic intraday proche des 73 dollars, niveau jamais vu depuis juillet 2025. Le WTI américain progressait de 2 % à 3,2 %, oscillant autour de 66,50 à 67,32 dollars. Sur la semaine, les deux références affichent des gains compris entre 1,4 % et 1,7 %, et près de 8 % depuis le début du mois de février.

L’ampleur de la hausse s’explique principalement par le facteur géopolitique. Les discussions de jeudi à Genève, sous médiation omanaise et avec la présence de l’AIEA, se sont conclues sans percée majeure. Washington maintient une pression militaire massive et exige un arrêt complet de l’enrichissement d’uranium ainsi que des restrictions strictes sur le programme balistique iranien. Téhéran, de son côté, dénonce des « exigences excessives » et conditionne tout progrès à un allègement significatif des sanctions sur ses exportations pétrolières.

Selon Tamas Varga de PVM, « l’incertitude domine, et la peur fait grimper les prix. Cette hausse est entièrement liée aux négociations nucléaires et à la menace d’une action militaire américaine ». Suvro Sarkar (DBS) ajoute : « Les frappes militaires ne sont pas à exclure », tout en laissant subsister une lueur d’espoir pour une issue diplomatique.

La prime de risque géopolitique sur le marché est estimée entre 8 et 10 dollars par baril, alimentée par la menace d’une perturbation, même partielle, du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Dans un scénario d’escalade, le Brent pourrait atteindre 75‑80 dollars à court terme, voire davantage en cas de blocage prolongé — scénario jugé très improbable, car suicidaire pour l’Iran et pénalisant pour la Chine, principal importateur.

En toile de fond, l’OPEP+ se réunit dimanche 1er mars. Le cartel devrait valider une reprise modeste de la production dès avril (environ 137 000 barils/jour), après la pause imposée au premier trimestre. Cette augmentation pourrait modérer les prix à moyen terme… à condition que la géopolitique ne dérape pas.

Les prévisions annuelles pour 2026 ont été légèrement relevées : Reuters table désormais sur un Brent moyen à 63,85 $/bbl et un WTI à 60,38 $/bbl, dans un contexte d’offre mondiale encore abondante (croissance hors OPEP+, dégel progressif des coupes OPEP+). Mais à très court terme, le marché reste extrêmement nerveux.

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