Pétrole : le Brent chute de plus de 4 %, les espoirs de dialogue avec l’Iran apaisent les marchés
Les cours du pétrole ont nettement reculé lundi 2 novembre, les marchés réagissant aux informations selon lesquelles Donald Trump souhaiterait privilégier la voie diplomatique avec l’Iran plutôt que d’ordonner de nouvelles frappes militaires. Cette perspective d’une désescalade au Moyen-Orient intervient à la veille des élections américaines de mi-mandat, dans un contexte marqué par les tensions persistantes entre Washington et Téhéran et les risques pesant sur les approvisionnements énergétiques.
Vers 9 h 45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence sur les marchés européens, pour livraison en janvier, abandonnait 4,43 %, à 108,40 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine pour livraison en décembre, reculait de 4,38 %, à 99,56 dollars.
Cette baisse traduit notamment les espoirs d’une prolongation des négociations entre Washington et Téhéran. Selon le média américain Axios, Donald Trump s’est entretenu samedi par téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au sujet de l’opportunité et du calendrier d’une éventuelle intensification des opérations militaires contre l’Iran.
D’après des sources américaines et israéliennes citées par le média, Benjamin Netanyahu aurait plaidé pour une intervention militaire immédiate après les élections de mi-mandat, prévues mardi. Le président américain aurait, de son côté, exprimé sa préférence pour laisser davantage de temps aux discussions diplomatiques.
Des tractations entre les deux pays se poursuivent sous la médiation du Qatar, malgré les menaces et les divergences qui continuent d’alimenter les tensions régionales. Dimanche, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a lui-même appelé la partie adverse à faire preuve de raison et à privilégier la négociation.
Pour les marchés pétroliers, la perspective d’un recul du risque militaire suffit à provoquer des prises de bénéfices et à réduire temporairement la prime de risque géopolitique intégrée aux prix du brut. Une confrontation directe entre les États-Unis et l’Iran pourrait, à l’inverse, raviver les craintes de perturbations des approvisionnements et provoquer un nouvel accès de volatilité.
La prudence reste toutefois de mise. Les signaux diplomatiques pourraient répondre à des considérations politiques à l’approche du scrutin américain. La hausse des prix de l’énergie pèse sur le pouvoir d’achat des ménages et constitue un enjeu politique sensible pour Donald Trump, alors que la guerre demeure impopulaire auprès d’une partie de l’opinion américaine.
Les précédentes annonces faisant état de progrès imminents dans les discussions n’ayant pas toujours débouché sur des accords concrets, les opérateurs restent attentifs à la portée réelle des initiatives diplomatiques. La baisse enregistrée lundi ne signifie donc pas nécessairement que le risque d’une escalade militaire a disparu.
En parallèle, le marché demeure exposé aux tensions sur les infrastructures énergétiques russes. Moscou a affirmé en fin de semaine dernière que l’Ukraine avait repris ses attaques contre des raffineries de pétrole en Russie, après une interruption d’environ deux semaines.
Cette pause avait contribué à réduire l’écart entre les cours du brut et ceux du gazole, tombé à son plus bas niveau depuis le début du mois d’octobre, selon les analystes d’ING. La reprise des frappes pourrait ainsi exercer de nouvelles pressions sur les marchés des produits raffinés.
Entre les perspectives de négociations entre Washington et Téhéran et la persistance des risques militaires au Moyen-Orient comme en Russie, l’évolution des cours dépendra largement des prochains développements diplomatiques et sécuritaires. La baisse de lundi traduit un regain d’espoir, mais elle ne suffit pas à dissiper les incertitudes qui continuent de peser sur le marché pétrolier.
