Belgique : faute d’accord sur le budget 2027, Bart De Wever présente sa démission au roi
Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a présenté, lundi 2 novembre, sa démission au roi Philippe, après l’échec des négociations entre les cinq partis de la coalition gouvernementale sur le budget fédéral de 2027. Au terme d’une nuit de discussions infructueuses, le chef du gouvernement n’est pas parvenu à obtenir un compromis sur le vaste programme d’assainissement des finances publiques qu’il entend mettre en œuvre. Le souverain a toutefois réservé sa décision et doit poursuivre les consultations avec les responsables politiques afin d’éviter une crise institutionnelle prolongée.
Le désaccord porte principalement sur l’ampleur de l’effort budgétaire réclamé par Bart De Wever, qui souhaite dégager 10 milliards d’euros d’économies d’ici à 2029 pour réduire le déficit public. Cette ambition divise profondément les partenaires de la majorité, incapables de s’accorder sur la répartition de la charge entre réduction des dépenses publiques et augmentation des recettes fiscales.
Le projet défendu par le Premier ministre prévoit notamment des restrictions dans plusieurs secteurs, dont celui de la santé, ainsi que des mesures fiscales destinées à accroître les ressources de l’État. La perspective d’une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) constitue cependant l’un des principaux points de friction. Le Mouvement réformateur (MR), parti libéral francophone membre de la coalition, s’oppose fermement à cette option, estimant qu’une augmentation de la fiscalité risquerait d’accentuer les tensions inflationnistes et de peser davantage sur les ménages.
Cette opposition met en évidence les divergences économiques et politiques au sein d’une coalition de cinq partis, dirigée par Bart De Wever depuis février 2025. Alors que le chef du gouvernement insiste sur la nécessité de réduire rapidement le déficit, ses partenaires restent divisés sur les moyens d’y parvenir et sur les catégories de la population qui devront supporter l’essentiel de l’effort.
La situation des finances publiques renforce pourtant la pression sur l’exécutif. Le déficit belge dépasse 5 % du produit intérieur brut (PIB), bien au-delà du plafond de 3 % fixé par les règles européennes. La dette publique excède également les 100 % du PIB, plaçant le pays devant un important chantier de redressement budgétaire. Bruxelles doit ainsi présenter une trajectoire de dépenses et de recettes permettant de se rapprocher des exigences européennes, sans provoquer de nouvelles tensions économiques et sociales.
Les discussions se déroulent par ailleurs dans un climat marqué par la contestation syndicale. Depuis plusieurs mois, les organisations de travailleurs multiplient les mobilisations contre les mesures d’austérité envisagées par le gouvernement, notamment les réductions de dépenses publiques. Les éventuelles restrictions dans la santé et les autres services collectifs alimentent les inquiétudes quant aux conséquences sociales du programme d’économies.
Au palais royal, le roi Philippe n’a pas immédiatement accepté la démission présentée par Bart De Wever. Le Palais a indiqué que le souverain suspendait sa décision et entamerait des consultations avec les présidents des partis composant la majorité. Dans son communiqué, il a déploré l’absence d’un accord permettant de doter le pays d’un budget crédible, tout en appelant les responsables politiques à faire prévaloir l’intérêt général et le compromis.
Cette situation rappelle un précédent survenu un an auparavant, lorsque des divergences budgétaires avaient déjà conduit à une démarche similaire du Premier ministre. La démission avait alors été écartée par le roi Philippe, permettant à la coalition de poursuivre son mandat. Bart De Wever dirige depuis lors un gouvernement confronté à la difficulté de concilier les engagements européens de la Belgique, les impératifs de réduction du déficit et les désaccords entre ses propres partenaires.
Le Premier ministre a également refusé jusqu’ici de recourir au mécanisme des « douzièmes provisoires », qui permet, en l’absence d’un budget adopté, de reconduire temporairement les crédits de l’exercice précédent. Cette solution aurait permis d’assurer la continuité du fonctionnement de l’État, mais elle ne répondrait pas à la nécessité de définir un nouveau cadre budgétaire et de réaliser les économies réclamées.
La suite dépend désormais des consultations engagées par le souverain et de la capacité des partis de la coalition à reprendre les négociations. Le roi doit recevoir de nouveau Bart De Wever vendredi, laissant aux différentes formations politiques quelques jours pour tenter de rapprocher leurs positions. En attendant, l’absence d’accord sur le budget 2027 place le gouvernement belge dans une situation d’incertitude, alors que le pays doit simultanément répondre aux exigences européennes et faire face à une contestation sociale persistante.
