Kiev, 28 novembre 2025 – Séisme politique à Kiev : Andriy Yermak, chef de cabinet et homme le plus puissant du pays après Volodymyr Zelensky, a présenté sa démission vendredi, seulement quelques heures après une perquisition spectaculaire menée à son domicile et à son bureau à Kiev par les enquêteurs anticorruption. Une intervention sans précédent, au cœur même de la présidence ukrainienne.
Yermak, véritable stratège et négociateur en chef avec Washington et Moscou, contrôlait la quasi-totalité des nominations au sommet de l’État à Kiev et supervisait la coordination politique et diplomatique depuis 2020. Son départ survient au moment où une enquête majeure, surnommée “Opération Midas”, révèle un détournement présumé de 100 millions de dollars dans le secteur énergétique.
Bien qu’il ne soit pas formellement accusé, plusieurs éléments ont fragilisé sa position : des écoutes à Kiev laissant entendre qu’il aurait tenté de freiner certaines investigations, deux anciens adjoints déjà limogés en 2024 pour soupçons de corruption, et la poursuite d’Andrii Smyrnov, toujours membre de l’équipe présidentielle à Kiev. Cette onde de choc intervient alors que Bruxelles rappelle que la lutte contre la corruption reste une condition incontournable pour l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.
le président Zelensky doit composer avec une double pression. Washington exige un accord rapide avec Moscou sur le plan américain en 19 points, tandis qu’à l’intérieur du pays, plusieurs parlementaires de son parti réclament le départ d’Yermak pour restaurer la confiance publique et éviter une scission menaçant la majorité présidentielle.
En acceptant la démission, Zelensky a cherché à « mettre fin aux spéculations » et à contenir la crise politique, consciente que toute division à Kiev serait perçue comme un signe de faiblesse dans un contexte de guerre et de diplomatie internationale sous tension.
Depuis l’invasion russe de 2022, Yermak accompagnait Zelensky dans tous ses déplacements internationaux et pilotait les dossiers les plus sensibles à Kiev : communication stratégique, contacts étrangers, nominations et coordination politique. Il était souvent décrit comme le “vice-président officieux” de l’Ukraine, capable d’imposer sa vision sur la gouvernance et la stratégie diplomatique.
Sa sortie soulève désormais trois questions cruciales pour Kiev : qui mènera désormais les négociations avec les États-Unis, comment la présidence réorganisera-t-elle son centre de commandement, et cette absence ouvrira-t-elle la voie à d’autres secousses au sein du pouvoir ukrainien ?
Dans un pays en guerre, où l’aide occidentale reste conditionnée à une lutte sans concession contre la corruption, la démission du « vice-roi » Yermak n’est pas qu’un épisode de plus. C’est un séisme politique dont les répliques risquent de résonner bien au-delà de la rue Bankova.
Kiev entre dans l’inconnu. Et, pour la première fois depuis février 2022, Volodymyr Zelensky devra gouverner sans l’ombre tutélaire de son plus proche confident


























