Dijon, 28 novembre 2025 – L’enquête sur l’évasion spectaculaire de la maison d’arrêt de Dijon prend de l’ampleur. Vendredi matin, les forces de l’ordre ont interpellé l’un des deux détenus en fuite, un homme de 32 ans condamné pour violences conjugales. Il a été arrêté en Saône-et-Loire après plus d’une journée de cavale.
Son complice, un jeune détenu de 19 ans mis en cause pour tentative de meurtre, reste introuvable, malgré un imposant dispositif policier mobilisé dans plusieurs départements.
Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, les deux détenus se sont évadés tôt jeudi matin en sciant les barreaux de leur cellule. Ils auraient utilisé de simples lames de scie à métaux, un outil difficile à faire entrer dans une prison sans aide extérieure.
Le procureur Olivier Caracotch a confirmé que « l’hypothèse la plus probable » est une livraison par drone, un mode opératoire déjà observé récemment à Dijon. Un homme avait d’ailleurs été condamné pour avoir utilisé ce procédé afin d’introduire divers objets interdits dans cet établissement.
Une fois les barreaux découpés, les détenus se sont servis de draps pour neutraliser les fils de lames de rasoir installés sur le premier mur d’enceinte avant de l’escalader. Ils ont ensuite rejoint la cour intérieure, puis se sont évadés en passant par le porche d’entrée, qui s’ouvre chaque matin pour permettre l’accès du personnel.
La maison d’arrêt de Dijon, construite en 1853 et située en pleine ville, ne dispose d’aucun filet antidrones. Les syndicats pénitentiaires dénoncent depuis longtemps cette vulnérabilité, parlant de « ballets incessants » d’appareils survolant régulièrement l’établissement.
L’UFAP-Unsa Justice affirme avoir alerté à maintes reprises sur l’absence de dispositifs de protection adaptés. Pour le syndicat, le retard accumulé est tel que même les mesures récentes annoncées par le gouvernement ne suffisent qu’à « colmater les brèches ».
La prison fait partie du plan ministériel « zéro portable », censé rendre plusieurs établissements entièrement étanches aux communications illicites. Mais les organisations syndicales dénoncent un effort tardif, alors que la surpopulation carcérale et la vétusté des infrastructures rendent les contrôles de plus en plus difficiles.
Face à l’émoi suscité par cette évasion, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a assuré qu’un « véritable choc de sécurité » serait engagé dans les prisons françaises. Il a annoncé la création de 1 000 postes de surveillants supplémentaires l’année prochaine, afin de combler une partie du manque d’effectifs.
Il a également réaffirmé sa volonté de renforcer les systèmes anti-intrusion, en particulier contre les drones, désormais largement utilisés pour des livraisons clandestines de matériel.
Le second fugitif, âgé de 19 ans, est considéré comme dangereux. Un appel à témoins a été diffusé et les autorités demandent à la population de ne pas intervenir en cas de rencontre, mais de contacter immédiatement la police.
Des perquisitions et vérifications sont en cours dans l’entourage des deux hommes afin d’évaluer d’éventuelles complicités extérieures.



























