France : Suspension des importations de produits agricoles contenant des pesticides interdits en Europe
La patience des agriculteurs français a des limites, et le gouvernement semble enfin le comprendre. Ce dimanche 4 janvier 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé sur X qu’un arrêté sera pris dans les prochains jours pour interdire l’importation de produits agricoles contenant des pesticides interdits en Europe. Une mesure conservatoire qui aurait dû être prise… il y a longtemps.
Les substances visées — mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl ou carbendazime — sont des fongicides et herbicides bannis dans l’Union européenne, mais dont les résidus continuent d’entrer sur le sol français par le biais d’importations sud-américaines. Les agriculteurs crient depuis des mois à la concurrence déloyale, exposés à des produits moins chers, cultivés avec des méthodes interdites chez eux et pourtant tolérés par Bruxelles.
Parmi les produits concernés : avocats, mangues, goyaves, agrumes, raisins, pommes, melons, cerises, fraises et pommes de terre. Tous ceux-là ne pourront plus pénétrer sur le territoire français si leurs traces de pesticides dépassent zéro. Enfin, diront certains. Mais attention : cette décision reste suspendue à l’approbation de la Commission européenne, qui semble souvent plus proche des lobbyistes que des paysans.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a dénoncé cette hypocrisie : « On ne peut pas accepter que des substances bannies chez nous réapparaissent indirectement par le biais des importations. D’où qu’ils viennent dans le monde, les produits importés doivent respecter nos normes. » Des paroles sensées qui sonnent comme un rappel : l’Europe a laissé nos agriculteurs seuls face à des accords commerciaux qui défavorisent leurs efforts et leur santé.
Cette mesure survient juste avant la signature prévue du traité UE-Mercosur le 12 janvier, un accord que plusieurs États européens continuent de soutenir malgré les alertes des filières agricoles. La France, avec ce geste unilatéral, montre qu’elle peut encore défendre ses producteurs et pousser Bruxelles à réduire ces limites maximales de résidus (LMR) bien trop laxistes. Mais combien de temps faudra-t-il encore attendre avant que l’Union européenne cesse de sacrifier nos agriculteurs sur l’autel du commerce international ?
