Incendie mortel dans un internat kényan : 16 mortes à l’Utumishi Girls Academy, huit adolescentes arrêtées et des failles de sécurité révélées
Le Kenya est de nouveau confronté à une tragédie scolaire d’une ampleur dramatique. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un violent incendie a ravagé un dortoir de l’Utumishi Girls Academy, une école secondaire pour filles située à Gilgil, dans le centre‑ouest du pays. Les autorités kényanes font état de 16 élèves décédées et de 79 autres blessées, dont certaines dans un état grave.
Au lendemain du drame, la Direction kényane des enquêtes criminelles a annoncé l’arrestation de huit élèves considérées comme « personnes d’intérêt » dans la préparation et l’exécution présumée de l’incendie. Placées en garde à vue, ces adolescentes font l’objet d’interrogatoires approfondis tandis que les enquêteurs tentent de reconstituer le déroulement exact des événements. À ce stade, aucune charge formelle n’a été officiellement précisée, mais les investigations se poursuivent pour déterminer si le feu a été allumé volontairement ou s’il s’agit d’un accident.
L’incendie s’est déclaré alors que la majorité des élèves dormaient dans les dortoirs. Les flammes se sont propagées avec une rapidité dévastatrice, piégeant de nombreuses adolescentes à l’intérieur du bâtiment. Les services de secours ont dû intervenir dans des conditions extrêmement difficiles pour évacuer les survivantes et récupérer les victimes. Le bilan humain aurait pu être encore plus lourd si les équipes d’urgence n’avaient pas pu intervenir rapidement, malgré les difficultés d’accès et le manque d’équipements adaptés sur place.
Sur les lieux, la douleur et l’incompréhension dominent. Des dizaines de familles se sont rassemblées devant l’établissement dans l’attente de nouvelles de leurs proches. Plusieurs parents ont dénoncé un manque d’informations de la part des autorités scolaires, certains affirmant n’avoir toujours pas obtenu de confirmation concernant le sort de leurs enfants. Ce manque de communication a accru l’angoisse des familles et a alimenté la tension autour de l’école.
Parmi les survivantes figure Hilda Njeri, une élève blessée à la jambe et au bas du dos lors de sa fuite désespérée. Encore sous le choc, elle raconte avoir dû sauter par une fenêtre pour échapper aux flammes. « L’incendie était très important. Nous ne pouvions pas traverser les flammes et il n’y avait pas d’eau pour les éteindre. Nous avons dû sauter par la fenêtre », a‑t‑elle témoigné. Son récit illustre la terreur vécue par les élèves et le manque de moyens pour lutter contre le feu.
Les premières conclusions de l’enquête mettent également en lumière de graves défaillances dans la gestion de la sécurité de l’établissement. Le ministre kényan de l’Éducation, Julius Ogamba, a révélé que deux enseignants avaient été informés de projets suspects attribués à certaines élèves mais n’auraient pris aucune mesure pour empêcher le passage à l’acte. Ce signalement non suivi d’effets soulève de sévères questions sur la prévention et la réactivité du personnel.
Les inspections gouvernementales ont également révélé plusieurs violations des normes de sécurité, notamment :une surpopulation importante dans les dortoirs, dépassant la capacité prévue ;une sortie de secours qui aurait été verrouillée au moment du sinistre, empêchant une évacuation rapide ;outre l’absence ou l’insuffisance d’équipements de lutte contre l’incendie (extincteurs, système d’alarme, points d’eau).
Ces manquements a aggravé le bilan humain en rendant la propagation du feu plus rapide et l’évacuation plus difficile.Face à la gravité des révélations, le gouvernement kényan a pris des mesures immédiates. Il a décidé de dissoudre le conseil d’administration de l’école. Des poursuites disciplinaires et judiciaires pourraient également viser certains membres du personnel pour négligence présumée. Les autorités ont promis une enquête complète et transparente, ainsi que des réformes pour renforcer la sécurité dans tous les internats scolaires du pays.
