Ebola en RDC : Tshisekedi et Ramaphosa refusent l’isolement de Kinshasa et appellent le monde à ne pas fermer ses frontières
Alors que la République démocratique du Congo (RDC) fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, le président Félix Tshisekedi et son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa ont lancé un appel solennel à la communauté internationale pour éviter toute mesure d’isolement à l’encontre de Kinshasa. Les deux dirigeants estiment que les fermetures de frontières, les restrictions de voyage et les limitations des échanges risqueraient davantage d’aggraver la crise humanitaire que de freiner la propagation du virus.
Réunis à Kinshasa à l’occasion d’une rencontre de haut niveau consacrée à la lutte contre Ebola, les deux chefs d’État ont insisté sur la nécessité d’une réponse fondée sur la solidarité internationale, la coopération scientifique et le respect des recommandations sanitaires, plutôt que sur des décisions unilatérales susceptibles d’affaiblir les efforts engagés sur le terrain.
Félix Tshisekedi a rappelé que son gouvernement avait réagi avec « célérité, responsabilité et détermination » dès l’apparition de cette nouvelle flambée épidémique. Selon lui, la gestion d’une urgence sanitaire de cette ampleur doit reposer sur des données scientifiques, la transparence et une coopération étroite entre les États, les organisations internationales et les partenaires humanitaires.
Le président congolais a également mis en garde contre les conséquences économiques et humanitaires des restrictions excessives. La fermeture des frontières, a-t-il souligné, pourrait entraver l’acheminement des médicaments, du matériel médical, de l’aide humanitaire ainsi que la circulation des personnels de santé indispensables à la riposte. « Les épidémies ne connaissent pas de frontières », a-t-il rappelé, en appelant à une réponse collective plutôt qu’à des mesures d’isolement.
Cyril Ramaphosa a appuyé ce message avec fermeté en exhortant les États à ne pas fermer leurs frontières aux ressortissants congolais. Pour le président sud-africain, la lutte contre Ebola ne peut être gagnée par le repli ou la stigmatisation d’un pays déjà confronté à une situation humanitaire et sécuritaire particulièrement difficile.
Le chef de l’État sud-africain a également souligné que le retour durable de la paix dans l’est de la RDC constituerait un facteur déterminant pour améliorer les opérations sanitaires. Les violences armées compliquent en effet l’accès des équipes médicales aux populations touchées, ralentissent les campagnes de prévention et favorisent les déplacements de populations, augmentant ainsi les risques de propagation du virus.
Cette mobilisation diplomatique intervient alors que la RDC enregistre déjà plus de 1 400 cas confirmés et plusieurs centaines de décès liés à la souche Bundibugyo du virus Ebola, l’une des plus complexes à combattre. Les autorités sanitaires, appuyées par les partenaires internationaux, poursuivent les recherches afin de mettre au point un vaccin spécifique, tandis que les besoins financiers demeurent considérables pour accélérer les essais cliniques et renforcer la riposte.
