Législatives en Israël : Eisenkot et Netanyahou au coude-à-coude, l’incertitude politique s’installe

Législatives en Israël : Eisenkot et Netanyahou au coude-à-coude, l’incertitude politique s’installe

Les élections législatives israéliennes plongent le pays dans une nouvelle période d’incertitude politique. Les derniers sondages à la sortie des urnes, publiés dans la nuit de mardi à mercredi, placent le camp du Premier ministre sortant, Benyamin Netanyahou, et celui de son rival centriste Gadi Eisenkot à égalité, sans qu’aucun des deux ne puisse prétendre, à ce stade, disposer d’une majorité pour former le prochain gouvernement. Ce scrutin, le premier depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, s’est déroulé dans un contexte marqué par la guerre à Gaza, les tensions régionales et une profonde crise politique.

Selon les chaînes de télévision 11 et 13, les deux blocs obtiendraient chacun 51 sièges sur les 120 que compte la Knesset. La chaîne 12 accorde toutefois un léger avantage au camp d’Eisenkot, crédité de 52 sièges contre 50 pour celui de Netanyahou. Ces projections restent provisoires et ne permettent pas de désigner un vainqueur. Pour former un gouvernement, il faut réunir au moins 61 députés, ce qui ouvre la voie à d’intenses négociations entre les différentes formations politiques.

Cette égalité intervient alors que Benyamin Netanyahou fait face à de nombreuses critiques concernant les défaillances ayant précédé les attaques du 7-Octobre, ainsi que la conduite de la guerre à Gaza et la politique menée en Cisjordanie occupée. Dès la publication des premières estimations, Gadi Eisenkot a dénoncé un désaveu du gouvernement sortant, affirmant vouloir agir rapidement pour le remplacer. Le dirigeant centriste entend désormais transformer les résultats du scrutin en une alternative politique, mais il devra encore réunir les soutiens nécessaires pour accéder au pouvoir.

Autre fait marquant de ces élections, la progression annoncée des partis arabes israéliens. Les deux principales listes pourraient obtenir entre 17 et 18 sièges, un niveau record selon les premières projections. La Liste arabe unie, dirigée par Mansour Abbas, serait créditée de sept sièges, tandis que la Liste unifiée pourrait en décrocher dix ou onze. Cette représentation pourrait peser dans les tractations à venir, même si les conditions d’un éventuel soutien à une coalition d’opposition restent à préciser.

La formation d’une majorité s’annonce donc particulièrement délicate. Gadi Eisenkot devra tenter de rassembler des formations centristes et de gauche, tout en évaluant la possibilité d’un soutien des partis arabes. De son côté, Benyamin Netanyahou cherchera à préserver ses alliances avec les formations religieuses et les partis de droite afin de conserver le pouvoir. Dans cette configuration, chaque siège pourrait compter dans la bataille pour réunir les 61 députés indispensables à la constitution d’une coalition.

Le scrutin a également été marqué par une forte participation, signe de l’importance de cette échéance pour les électeurs israéliens. Les résultats interviennent alors que le pays reste confronté aux conséquences de la guerre à Gaza, aux tensions avec l’Iran et aux critiques internationales sur ses opérations militaires et l’expansion des colonies en Cisjordanie occupée. Les orientations du prochain gouvernement auront ainsi des répercussions sur les dossiers sécuritaires, diplomatiques et régionaux.

La Commission électorale doit encore publier les résultats officiels, un processus susceptible de prendre plusieurs jours. Les chiffres définitifs pourraient modifier légèrement la répartition des sièges et le rapport de force entre les deux camps. En attendant, aucune majorité ne se dégage clairement et les négociations s’annoncent déterminantes.

Au-delà du duel entre Netanyahou et Eisenkot, ces élections révèlent un paysage politique profondément divisé, dans lequel la constitution d’un gouvernement dépendra de compromis difficiles. Le Premier ministre sortant tentera de conserver ses alliances traditionnelles, tandis que son rival cherchera à réunir une majorité alternative. L’issue de cette confrontation reste donc suspendue aux résultats définitifs et à la capacité des deux camps à rallier suffisamment de partenaires pour gouverner.

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