La paix reviendra-t-elle à Gaza ? Le Hamas prêt à rendre les armes en échange du retrait israélien

La paix reviendra-t-elle à Gaza ? Le Hamas prêt à rendre les armes en échange du retrait israélien

Le Hamas a annoncé, vendredi, son accord de principe sur la deuxième phase du cessez-le-feu avec Israël, confirmant les déclarations du président américain Donald Trump. Cette nouvelle étape repose sur deux piliers essentiels : le désarmement progressif du mouvement islamiste palestinien et le retrait graduel des forces israéliennes de la bande de Gaza. Si ces engagements sont effectivement respectés par les deux parties, ils pourraient ouvrir la voie à une stabilisation durable de l’enclave palestinienne et relancer les efforts de reconstruction après près de deux années de guerre.

Cette deuxième phase du cessez-le-feu prévoit une mise en œuvre progressive des engagements pris par les deux camps. Le Hamas devra remettre ses armes ainsi que celles des autres groupes armés opérant dans la bande de Gaza, tandis qu’Israël procédera à un retrait échelonné de ses forces. Les deux volets de l’accord sont étroitement liés et devront être appliqués simultanément, chaque partie conditionnant le respect de ses engagements à celui de l’autre.

Les modalités de cet accord doivent encore être finalisées avec les principaux médiateurs – l’Égypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie – qui se réuniront prochainement au Caire afin d’établir un calendrier précis et les mécanismes de mise en œuvre. Selon les responsables du Hamas, ces discussions techniques pourraient durer au moins deux semaines.

Le dispositif prévoit que les armes remises par les groupes armés seront placées sous le contrôle du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une autorité palestinienne chargée de superviser la transition et la reconstruction de l’enclave. Une Force internationale de stabilisation sera ensuite déployée pour accompagner une nouvelle police palestinienne dans le maintien de l’ordre et de la sécurité après le retrait israélien.

Donald Trump a salué un « accord historique », estimant qu’il représente une avancée majeure de son « plan en 20 points » destiné à mettre fin au conflit. Selon cette feuille de route, le Hamas devrait remettre l’ensemble de son arsenal dans un délai compris entre six et huit mois. Le mouvement serait également appelé à fournir les cartes de ses tunnels, de ses sites de fabrication d’armes et de ses entrepôts militaires afin de faciliter leur démantèlement.

Malgré cette avancée diplomatique, plusieurs zones d’ombre subsistent. Ghazi Hamad, membre de l’équipe de négociation du Hamas, a précisé que le mouvement n’entamerait aucun processus de désarmement tant qu’Israël n’aurait pas commencé son retrait de la bande de Gaza. Cette position semble diverger de la feuille de route américaine, qui prévoit une évolution parallèle du retrait israélien et du désarmement.

La destruction des tunnels et la récupération des armes lourdes constituent également un défi majeur. Selon plusieurs responsables impliqués dans les discussions, ces opérations pourraient nécessiter entre 200 et 350 jours, illustrant la complexité d’un processus appelé à s’étendre sur plusieurs mois.

Israël n’a, pour l’heure, pas officiellement réagi à cette annonce. Les autorités israéliennes demeurent prudentes et continuent d’exprimer leur scepticisme quant à la volonté réelle du Hamas d’abandonner définitivement ses capacités militaires. De son côté, Washington estime que les deux parties devront respecter strictement leurs engagements afin de préserver les chances de succès de l’accord.

L’Iran reste également un acteur susceptible d’influencer l’évolution de ce dossier. Bien que Téhéran ait conseillé au Hamas de ne pas accepter cet accord, son influence apparaît aujourd’hui plus limitée en raison des tensions persistantes avec les États-Unis et de ses propres priorités stratégiques.

Sur le terrain, la situation humanitaire demeure particulièrement préoccupante. Malgré la trêve en vigueur depuis octobre 2025, des opérations militaires et des frappes continuent d’être signalées dans plusieurs secteurs de la bande de Gaza, dont une large partie reste sous contrôle israélien. Des dizaines de milliers de Palestiniens vivent encore dans des abris de fortune, tandis que les infrastructures civiles ont été largement détruites par près de deux années de guerre.

Si cet accord est effectivement appliqué dans son intégralité, il pourrait constituer l’une des avancées diplomatiques les plus importantes depuis le début du conflit. Toutefois, la profonde méfiance entre Israël et le Hamas, les difficultés liées au désarmement et les nombreux défis politiques et sécuritaires qui subsistent rendent encore incertaine la perspective d’une paix durable dans la bande de Gaza.

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