Escalade majeure au Yémen : La coalition annonce la fuite d’Aidarus al-Zubaidi, et Rashad al-Alimi l’accuse de haute trahison
Dans un développement dramatique qui révèle les profondes divisions au sein de la coalition anti-Houthis, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a annoncé, le 7 janvier 2026, que le président du Conseil de transition du Sud (CTS), Aidarus al-Zubaidi, s’est enfui vers une destination inconnue après avoir refusé de monter à bord d’un avion à destination de Riyad pour des pourparlers visant à désamorcer la crise dans le sud du Yémen.
Selon le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Maliki, al-Zubaidi avait été convoqué le 4 janvier pour se rendre en Arabie saoudite dans les 48 heures afin de rencontrer le président du Conseil de leadership présidentiel (CLP), Rashad al-Alimi. Cependant, pendant le retard de plus de trois heures du vol transportant une importante délégation du CTS, des forces affiliées à al-Zubaidi se sont déplacées vers la province de Dhale, poussant la coalition à mener des frappes aériennes préventives limitées pour neutraliser ces mouvements et empêcher l’extension du conflit.
En réponse, Rashad al-Alimi a publié un décret révoquant l’appartenance d’al-Zubaidi au CLP et le renvoyant devant le procureur général pour des accusations incluant la haute trahison, la formation d’un gang armé, des atteintes graves aux civils, le meurtre d’officiers et de soldats, ainsi que la destruction de sites militaires. Le décret accuse également al-Zubaidi d’avoir porté atteinte à la position politique et militaire de la République et d’avoir entravé les efforts de l’État contre les Houthis.
De son côté, le Conseil de transition du Sud a publié un communiqué affirmant qu’al-Zubaidi continue d’exercer ses fonctions depuis Aden, supervisant directement les opérations militaires et sécuritaires. Il a exprimé une profonde inquiétude quant à l’impossibilité de communiquer avec sa délégation arrivée à Riyad (menée par le secrétaire général Abdul Rahman al-Subaihi), et a exigé des autorités saoudiennes l’arrêt immédiat des bombardements aériens, la garantie de la sécurité de la délégation et la permission de communiquer, considérant cela comme une condition préalable à tout dialogue sérieux.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une crise plus large déclenchée fin 2025, lorsque les forces du CTS ont temporairement pris le contrôle de la plupart des provinces du sud, avant que les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite ne reprennent Hadramout et al-Mahra début janvier 2026 avec un appui aérien saoudien. Al-Zubaidi avait annoncé le 2 janvier le début d’une phase transitoire de deux ans menant à un référendum sur l’autodétermination, suscitant des craintes d’une sécession effective.
Au milieu de ces récits contradictoires, la localisation exacte d’al-Zubaidi reste entourée de mystère, avec des spéculations sur sa présence à Aden, à Dhale, ou même une sortie du pays. La situation reflète une tension croissante entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, soutiens historiques des deux parties en conflit, et menace d’approfondir les divisions au sein du front uni contre les Houthis.2s60 sources
