Soudan : le gouvernement de retour à Khartoum un an après son exil

Soudan : le gouvernement de retour à Khartoum un an après son exil

Ce dimanche 11 janvier 2026, le Premier ministre soudanais Kamel Idris a annoncé le retour officiel du gouvernement à Khartoum, après près de trois ans d’exil forcé à Port-Soudan, dans l’est du pays. « Nous sommes de retour aujourd’hui… le gouvernement de l’espoir revient dans la capitale nationale », a-t-il déclaré devant les journalistes, promettant aux habitants « de meilleurs services » et une nouvelle ère pour la ville martyre.

Le conflit entre l’armée régulière (SAF) et les Forces de soutien rapide (FSR) avait éclaté en avril 2023. Rapidement, les FSR s’étaient emparés de Khartoum, provoquant l’exode massif de plus de 3,7 millions de personnes. Le gouvernement, allié à l’armée, ainsi que plusieurs agences de l’ONU, avaient alors transféré leurs opérations à Port-Soudan, devenue capitale provisoire.

La reprise de Khartoum par l’armée en mars 2024 a marqué un tournant. Depuis, plus d’un million de personnes ont regagné la capitale, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Mais après plus de 1 000 jours de guerre, la ville reste meurtrie : hôpitaux, aéroports, centrales électriques et réseaux d’eau sont en grande partie détruits. L’ONU estime à 350 millions de dollars le coût de réhabilitation des infrastructures essentielles.

Dans son discours, Kamel Idris a promis de reconstruire la capitale : réhabilitation des hôpitaux, amélioration de l’éducation, restauration de l’électricité, de l’eau et de l’assainissement. Il avait déjà posé les jalons de cette ambition lors d’une visite en juillet 2025, affirmant que Khartoum « redeviendrait une capitale nationale fière ». Certains quartiers ont déjà commencé à être reconstruits, malgré des frappes sporadiques de drones menées par les FSR.

La guerre n’est toutefois pas terminée. Après la perte de Khartoum, les FSR ont redirigé leurs offensives vers l’ouest : fin octobre 2025, ils ont pris El-Fasher, dernière grande ville du Darfour encore tenue par l’armée. Aujourd’hui, leur effort se concentre sur la région pétrolifère du Kordofan, axe stratégique entre le Darfour et Khartoum.

Le bilan humain du conflit est dramatique : plusieurs dizaines de milliers de morts et plus de 11 millions de déplacés, à l’intérieur du pays ou réfugiés à l’étranger. Le retour du gouvernement constitue un geste politique et symbolique fort, mais il intervient dans un contexte de fragilité extrême, où la reconstruction se heurte à la poursuite des combats et à une crise humanitaire sans précédent.

Le retour à Khartoum marque-t-il le début d’une nouvelle ère, ou n’est-il qu’une étape symbolique dans une guerre qui continue de déchirer le Soudan ? L’avenir reste, malheureusement, incertain.

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