Le 29 décembre 2025, l’administration Trump a annoncé un engagement initial de 2 milliards de dollars pour financer l’aide humanitaire coordonnée par les Nations Unies en 2026. Cette somme représente une réduction spectaculaire par rapport aux contributions américaines des années précédentes : environ 3,38 milliards en 2025 (déjà en net recul) et un pic historique de plus de 17 milliards de dollars en 2022.
Au lieu de verser des fonds directement aux différentes agences onusiennes (comme le Programme alimentaire mondial, l’UNHCR ou l’UNICEF), les États-Unis canaliseront désormais leurs contributions via un fonds centralisé géré par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), dirigé par le Britannique Tom Fletcher. L’objectif affiché : éliminer les doublons bureaucratiques, réduire les coûts administratifs, combattre les « dérives idéologiques » et aligner plus étroitement l’aide sur les priorités de la politique étrangère américaine.
Le département d’État a été particulièrement ferme dans sa communication. « L’accord exige que l’ONU consolide ses fonctions humanitaires pour réduire les lourdeurs bureaucratiques, les doublons inutiles et les dérives idéologiques », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Les agences individuelles de l’ONU devront s’adapter, rétrécir ou mourir. » Le secrétaire d’État Marco Rubio a renforcé ce message sur X (anciennement Twitter) : « Ce nouveau modèle permettra de mieux partager le fardeau avec d’autres pays développés et exigera de l’ONU qu’elle coupe les gaspillages, supprime les doublons et mette en place des mécanismes puissants d’impact, de responsabilité et de contrôle. »
Ce fonds « parapluie » permettra une allocation plus flexible et ciblée, avec une priorité accordée à 17 pays identifiés par Washington, parmi lesquels l’Ukraine, la Syrie, la République démocratique du Congo (RDC), Haïti, le Soudan du Sud, le Bangladesh et d’autres crises jugées prioritaires. À l’inverse, des zones hautement médiatisées comme Gaza, l’Afghanistan et le Yémen sont pour l’instant exclues de ce mécanisme, en raison de risques de détournement des fonds ou dans l’attente d’avancées diplomatiques (par exemple, un accord de cessez-le-feu ou le plan de paix pour Gaza porté par l’administration Trump).
Malgré ces restrictions, Tom Fletcher a salué cette annonce comme une « contribution extraordinaire » et un « acte puissant de leadership ». Qualifiant les États-Unis de « superpuissance humanitaire », il a estimé que ces 2 milliards de dollars pourraient sauver des millions de vies en 2026. « Des centaines de millions de personnes sont en vie aujourd’hui grâce à la générosité américaine, et des millions supplémentaires survivront en 2026 grâce à cet investissement historique dans l’humanité », a-t-il déclaré lors de la signature du mémorandum d’entente à Genève.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de crise du financement humanitaire mondial. Début décembre 2025, l’ONU a lancé son Appel humanitaire global pour 2026, drastiquement réduit à 23 milliards de dollars pour venir en aide à 87 millions de personnes parmi les plus vulnérables – un montant bien inférieur aux besoins réels estimés à 33 milliards pour atteindre 135 millions d’individus dans une cinquantaine de pays. Cette contraction fait suite à une année 2025 catastrophique, où les financements n’ont atteint que 12 milliards de dollars (le plus bas niveau en une décennie), forçant les humanitaires à atteindre 25 millions de personnes de moins qu’en 2024.
Les financements mondiaux sont au plus bas depuis une décennie, en partie à cause des coupes américaines et de la réorientation de certains donateurs vers la défense. Ainsi, cette décision s’inscrit pleinement dans la politique « America First » de Donald Trump, qui cherche à maintenir un leadership humanitaire tout en imposant efficacité et responsabilité aux institutions internationales.

























