Sanae Takaichi dissout le Parlement : Le Premier ministre mise sur sa popularité pour des législatives anticipées au Japon
Tokyo, 23 janvier 2026 – La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a dissous vendredi la Chambre basse du Parlement, déclenchant des élections législatives anticipées fixées au 8 février 2026.
Le président de la Chambre a officiellement lu la lettre de dissolution devant les députés, qui ont répondu par le traditionnel cri de « banzai ». Cette décision lance une campagne électorale éclair de seulement 12 jours, qui débutera officiellement mardi prochain – la plus courte de l’histoire du Japon d’après-guerre.
Première femme à accéder au poste de Première ministre, Sanae Takaichi n’occupe ses fonctions que depuis octobre 2025, soit à peine trois mois. Pourtant, elle bénéficie d’une cote de popularité élevée, autour de 70 %, qu’elle espère transformer en un renforcement de la majorité de sa coalition.
Le Parti libéral-démocrate (PLD), qu’elle dirige, et son allié le Parti de l’innovation du Japon (JIP) ne disposent en effet que d’une faible majorité à la Chambre basse (465 sièges). Takaichi mise sur son image personnelle pour inverser la tendance après des années de perte de confiance envers le PLD.
Les analystes restent prudents. « Le soutien au cabinet Takaichi ne se traduira pas forcément en votes pour le PLD », estime Hidehiro Yamamoto, professeur de sciences politiques à l’université de Tsukuba. Les préoccupations majeures des électeurs portent sur la lutte contre l’inflation et la hausse des prix, notamment sur des produits de base comme le riz (dont le prix a explosé en 2025 avant de se stabiliser).
Les tensions régionales, en particulier avec la Chine après les déclarations de Takaichi sur une possible intervention japonaise en cas d’attaque contre Taïwan, figurent également parmi les enjeux de campagne. Pékin a réagi par des mesures économiques de rétorsion.
La coalition au pouvoir envisage notamment la suppression temporaire de la taxe sur la consommation pour les produits alimentaires, une mesure également évoquée par l’opposition. Le principal parti d’opposition, le Parti démocrate constitutionnel (PDC), s’est allié au Komeito pour former un front centriste, mais les observateurs jugent ses chances de victoire limitées.
Des données officielles publiées vendredi montrent un ralentissement de l’inflation en décembre (2,4 % sur un an hors produits frais, contre 3 % en novembre), grâce aux subventions sur l’énergie. Reste que les prix restent supérieurs à l’objectif de 2 % de la Banque du Japon.
En convoquant ce scrutin express, Sanae Takaichi prend un pari audacieux : consolider son pouvoir naissant tout en affrontant un électorat inquiet face à l’inflation et aux défis géopolitiques.
