Israël désigne Naïm Qassem comme cible à éliminer et envisage une opération terrestre au Liban
Dans un contexte de tensions régionales exacerbées et de confrontation ouverte avec Iran, Israël intensifie sa pression militaire sur le Liban et le mouvement chiite Hezbollah. L’État hébreu étudie désormais sérieusement la possibilité de lancer une opération terrestre sur le territoire libanais, une option qui marquerait une nouvelle étape critique dans l’escalade du conflit.
Le porte-parole de l’armée israélienne, Effie Defrin, a confirmé que l’état-major examine activement cette hypothèse militaire. Il a souligné que la campagne contre le Hezbollah se poursuivrait « quoi qu’il en coûte », insistant sur la mobilisation de près de 100 000 réservistes afin de renforcer les capacités opérationnelles de l’armée israélienne. Selon lui, la priorité reste la sécurité des populations vivant dans le nord d’Israël, régulièrement exposées aux tirs de roquettes et aux attaques de drones en provenance du Liban.
La tension a franchi un nouveau seuil lorsque le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a publiquement désigné le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, comme une « cible à éliminer ». Cette déclaration, particulièrement lourde de conséquences, traduit la volonté d’Israël de frapper directement le sommet de la hiérarchie du mouvement chiite libanais.
Ces menaces interviennent après les déclarations de Naïm Qassem, qui avait averti que toute agression américaine contre l’Iran constituerait une menace existentielle pour ce qu’il appelle « l’axe de la Résistance », un ensemble d’alliances régionales soutenues par Téhéran et comprenant notamment le Hezbollah.
Sur le terrain, la situation continue de se détériorer rapidement. Selon les autorités sanitaires libanaises, les frappes aériennes israéliennes visant la banlieue sud de Beyrouth, le sud du Liban et la vallée de la Bekaa ont fait au moins 31 morts et 149 blessés. Plusieurs localités, dont Harouf, Khirbet Selm, Al Shahabiya et Deir Siryan, ont été durement touchées par ces bombardements.
L’armée israélienne affirme que ces frappes visent des infrastructures militaires et des positions du Hezbollah, en réponse aux tirs de roquettes et aux attaques de drones lancés par le mouvement vers le nord d’Israël.
Dans ce climat de tension extrême, Tsahal a également émis des ordres d’évacuation urgents visant plus de cinquante villages du sud du Liban et de l’est de la Bekaa. Les habitants de localités comme Srifa, Maaroub, Ain Qana, Hanin, Yater ou encore Mays al-Jabal ont été appelés à quitter immédiatement leurs habitations et à s’éloigner d’au moins un kilomètre des zones de confrontation.
En riposte, le Hezbollah a revendiqué le bombardement du site militaire de Mishmar al-Karmel, situé au sud de Haïfa, à l’aide d’une salve combinée de missiles et de drones. Dans un communiqué, le mouvement a présenté cette attaque comme une réponse aux frappes israéliennes et comme un acte de défense du Liban face à ce qu’il qualifie d’« agression continue ».
Face à cette escalade rapide, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a mis en garde contre les conséquences des affrontements en cours, dénonçant des actions « irresponsables » susceptibles d’entraîner le Liban dans une guerre ouverte aux conséquences imprévisibles.
Alors que les frappes et les ripostes se multiplient, la région demeure suspendue à la possibilité d’une intervention terrestre israélienne, scénario qui pourrait transformer l’actuelle confrontation en un conflit d’une ampleur bien plus large au Moyen-Orient.
