Le président américain Donald Trump a procédé à une valse de licenciements au sein du Conseil de sécurité nationale (NSC) de la Maison-Blanche. Plusieurs hauts responsables et membres du personnel ont été démis de leurs fonctions, sous l’impulsion de la militante d’extrême droite Laura Loomer, qui les considère comme insuffisamment fidèles à l’agenda « Make America Great Again » (MAGA).
Selon des sources proches du dossier, Loomer a plaidé en faveur de ces licenciements lors d’une réunion dans le Bureau ovale avec Trump mercredi. Étaient présents à cette rencontre le vice-président J.D. Vance, la cheffe de cabinet Susie Wiles, le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz et Sergio Gor, directeur du Bureau du personnel présidentiel.
Suite à cette réunion, le Bureau du personnel présidentiel a rapidement licencié au moins trois hauts responsables du NSC, ainsi que plusieurs collaborateurs subalternes. L’objectif affiché serait de recentrer la stratégie de la Maison-Blanche sur l’agenda établi par Trump, tout en se débarrassant des éléments jugés trop tièdes ou opposés à sa politique.
Le porte-parole du NSC, Brian Hughes, a refusé de commenter ces licenciements, affirmant que la Maison-Blanche ne discute pas publiquement des questions de personnel.
Cette série de renvois intervient dans un contexte tendu pour Mike Waltz, conseiller à la sécurité nationale, critiqué pour avoir utilisé l’application de messagerie cryptée Signal pour discuter de l’organisation d’une opération militaire visant les militants houthis au Yémen. L’affaire a été révélée lorsque Jeffrey Goldberg, journaliste de The Atlantic, a été ajouté par erreur à une conversation où des détails confidentiels sur l’opération étaient discutés.
Alors que certains appelaient à la démission de Waltz, Trump a publiquement réaffirmé son soutien à son conseiller, l’accompagnant en Floride pour un événement précédant le tournoi de golf LIV à Miami.
Parallèlement, l’inspecteur général par intérim du Pentagone a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’utilisation de l’application Signal par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, pour la communication de plans d’opérations militaires. Cette enquête pourrait révéler des défaillances dans la sécurité des transmissions des autorités américaines.
Laura Loomer, connue pour ses positions extrémistes et sa promotion de théories du complot, a largement influencé cette vague de licenciements. Elle a publié un message sur X (anciennement Twitter) déclarant : « Ce fut un honneur de rencontrer le président Trump et de lui présenter les résultats de mes recherches. Je continuerai à travailler dur pour soutenir son programme et garantir un contrôle rigoureux sur ceux qui l’entourent. »
Trump a toujours entretenu des liens avec des figures controversées et conspirationnistes. Son habitude d’amplifier des messages de personnes promouvant QAnon et d’autres théories du complot inquiète une partie de l’establishment républicain.
Depuis son retour à Washington, Trump et son administration ont mis en place une politique de « nettoyage » au sein du NSC, renvoyant environ 160 agents non politiques vers leurs agences d’origine. Cette décision a suscité des inquiétudes, notamment concernant l’exclusion d’experts dans des domaines clés comme la lutte contre le terrorisme et la politique climatique mondiale, à un moment où les États-Unis sont confrontés à des crises internationales en Ukraine et au Moyen-Orient.
Le sénateur Mike Rounds, membre des commissions supervisant l’armée et le renseignement national, a réagi en qualifiant ces départs de « surprenants », soulignant le risque de perdre des experts indispensables à la sécurité nationale.
L’affaire la plus récente concerne Adam Schleifer, procureur adjoint des États-Unis à Los Angeles, qui a été licencié peu après que Loomer ait publié des informations le concernant sur les réseaux sociaux. Aucune justification n’a été fournie par la Maison-Blanche.
Ces événements témoignent de la volonté de Trump de consolider un entourage totalement aligné sur sa vision politique, quitte à limoger des experts jugés trop modérés ou indépendants. Cette tendance pourrait encore s’accentuer dans les mois à venir, renforçant une administration ultra-loyale, mais potentiellement moins qualifiée pour gérer les crises complexes auxquelles les États-Unis sont confrontés.